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En mathématique, comme dans toute autre discipline, il est bon d'avoir une certaine intuition des situations rencontrées. Toutefois il faut rester conscient qu'une intuition n'est jamais une preuve. A titre d'exemple, nous mentionnerons deux "curiosités" qui nous feront réfléchir quant à la qualité de notre intuition. Tout d'abord la longueur d'une courbe. Chacun sait qu'Archimède a calculé avec grande précision la longueur de la circonférence en utilisant les polygones inscrits et circonscrits. Il est "évident" que le périmètre d'un polygone inscrit est inférieur à la circonférence et que lorsque le nombre de côtés du polygone augmente indéfiniment, le périmètre tend vers la circonférence. Voici un exemple où l'on considère un segment de droite. Sur ce segment pris comme hypoténuse, on construit un triangle rectangle. Si le segment a pour longueur l, la somme des longueurs des deux autres côtés vaudra l Et pourtant!
La longueur de cette courbe en "zigzag" reste constante et égale à l Que se passe-t-il? Tout simplement ce zigzag ne tend pas "convenablement" vers le segment de droite. Si nous regardons la tangente en un point d'abscisse fixée, nous voyons qu'elle est inclinée à 45° vers la droite ou vers la gauche, mais qu'elle ne tend pas à devenir horizontale. Montrons à présent une autre courbe "paradoxale". Soit un triangle équilatéral de coté c. Son périmètre vaut 3c.
En répétant indéfiniment l'opération, ce polygone tend vers une courbe dont la longueur aura, à chaque étape, été multipliée par 4/3, donc une courbe de longueur infinie. Et pourtant !
Cette courbe, due au mathématicien von Koch, reste entièrement comprise à l'intérieur d'un cercle. Voila donc un domaine d'aire finie limité par une courbe de longueur infinie. |