On enseigne en goniométrie les célèbres formules de Simpson:
sin p + sin q
sin p - sin q
cos p + cos q
cos p - cos q
|
=
=
=
=
|
2sin ½(p+q).cos ½(p-q)
2cos ½(p+q).sin ½(p-q)
2cos ½(p+q).cos ½(p-q)
-2sin ½(p+q).sin ½(p-q)
|
Mais pourquoi donc ces formules sont-elles célèbres?
Tout simplement parcequ'à l'époque de Simpson, les calculs difficiles se faisaient à l'aide de tables logarithmiques, et qu'il n'y avait pas moyen d'utiliser les logarithmes pour calculer des sommes. Alors grâce à ces merveilleuses formules, on passait de sommes (ou de différences) à des produits qui, eux, étaient calculables à l'aide de logarithmes.
Parfait, mais maintenant quel est encore l'intérêt de ces formules?
Fort réduit, mais en cherchant bien on peut encore trouver deux applications intéressantes, l'une concernant les oreilles, l'autre les yeux.
Les oreilles
Un son est porté à nos oreilles par une onde sinusoïdale dont l'amplitude est proportionnelle à sin (
ωt +
φ). La fréquence du son vaut
ω/2
π
Que se passe-t-il si l'on perçoit simultanément deux sons de fréquences voisines? C'est ce qui se passe lorsque l'on accorde un instrument par rapport à un autre.
Supposons que les deux sons soient de même amplitude. On perçoit donc la somme de deux ondes proportionnelles à sin (
ω1t +
φ) et sin (
ω2t +
φ).
En appliquant les fameuses formules de Simpson, on obtient:
sin (ω1t + φ) + sin (ω2t + φ) = 2 sin ½(ω1 + ω2)t. cos ½(ω1 - ω2)t.
On voit ainsi que si les deux instruments sont parfaitement accordés, c'est-à-dire
ω1 =
ω2, l'onde sonore est simplement d'une amplitude double.
Par contre si les instruments ne sont pas exactement accordés, c'est-à-dire s'il existe une légère différence entre
ω1 et
ω2, le premier facteur donne un son proche des sons émis, mais le deuxième facteur affecte l'amplitude d'une variation appelée battement.
Au fur et à mesure que l'on ajuste l'accord des deux instruments, la fréquence du battement diminue jusqu'à devenir nulle, c'est-à-dire que le battement disparaît.
Les yeux
Ce phénomène de battement peut également être visualisé.
Lorsqu'on circule sur autoroute, il arrive que l'on rencontre un pont qui le surplombe. Lorsque ce pont possède des garde-fous formés de grilles verticales on peut observer un phénomène analogue au phénomène de battement.
Lorsqu'on est fort loin du pont, on voit les deux grilles décalées l'une par rapport à l'autre. L'écart entre les barreaux de la grille avant est pratiquement le même que celui entre les barreaux de la grille arrière.
Lorsqu'on se rapproche du pont, l'effet de perspective commence à jouer; l'écartement entre les barreaux de la grille avant (plus proche) nous paraît plus grand que celui entre les barreaux de la grille arrière (plus éloignée). On a en quelque sorte une superposition de deux phénomènes périodiques de fréquences légèrement différentes (on suppose pour simplifier les choses que l'écartement des barreaux de chacun des deux parapets nous apparaît constant) et l'on perçoit l'ensemble des barreaux des deux grilles avec un phénomène périodique de barreaux rapprochés et de barreaux éloignés.
Voilà donc une version visuelle des fameuses formules de Simpson.