La petite Lisette - La petite Huguette




Harmonisation :Robert Ledent
Mp3 : Chorale de l'ULB 
Voir la partition

1. Un jour la p'tit' Lisette
Gnouf, gnouf, gnouf
comme on attrape ça:

Un jour la p'tit' Lisette,
S'en revenait du bois (bis)

2. En chemin ell' rencontre...
...
... Le fils d'un avocat (bis)

3. Il la prend, la renverse
Sur du foin qu'était là (bis)

4. Le foin était si sec
Qu'il en faisait cra cra (bis)

5. Vint à passer la mère,
Qui revenait par là (bis)

6. Ma fill', ma chère fille
Qu'est c' que cett' pose-là? (bis)

7. Ma mèr', tu vois je baise
Avec ce garçon là (bis)

8. Baise, baise ma fille,
Car on ne meurt pas d' ça (bis)

9. Car si j'en étais morte,
Tu ne serais pas là (bis)

10. Ni bien d'autres encore
Que papa n' connaît pas (bis)

11. Et si t'en meurs, ma fille
Sur ta tombe, on mettra: (bis)

12. Ci-gît la p'tit' Lisette
Qu'est morte en faisant ça (bis)

13. En faisant sa prière
Au grand Saint Nicolas (bis)

14. Ce grand saint que les hommes
Portent la tête en bas (bis)

15. Quand ils la port'nt en l'air
Ils inondent les draps (bis)

16. Et quand ils la relèvent
Les femm's ne pens'nt qu'à ça (bis)




Déjà, en 1530, dans une des "chansons musicales" publiées par Attaingnant l'héroïne chante :

Tu disais que j'en mourroys
Menteuse que tu es
Ta mere n'en mourut pas

Antoine Claudin relève le lien avec une oeuvre figurant dans le chansonnier de Gaultier Garguille de 1632 : une des nombreuses chansons sur le thème de la mal mariée (ou maumariée) dont le refrain est :

Si,
Ma mère n'en est pas morte,
Je n'en mourray pas aussy.

Dans cette dernière version, la jeune fille semble calmée et envisage un avenir plus agréable. Peut-être est-ce parce que son mari est devenu un avocat fortuné ?

L'origine de cet avocat remonte au moins à 1602. En effet, le Gai chansonnier l'a retrouvée dans La fleur et l'élite de toutes les chansons amoureuses et elle figure également dans le recueil Airs de Cour de 1607.

Si l'histoire s'est abrégée, la fille (sans prénom à l'origine) et l'avocat ont traversé les siècles.

Ceci dit, il est fort douteux que le fils de l'avocat chantait:

Gnouf, gnouf, gnouf
Comme on attrape ça:

Il paraît plus probable qu'il demandait tout simplement à Lisette (ou Huguette)

Tripot' moi la bite
avec les doigts:

Mais, quand la censure sévissait...!







La caille



Harmonisation : Robert Ledent 
Voir la partition

1. Voilà ma journée faite, tidéra
Faut m'aller promener;
En mon chemin rencontre
Une fille à mon gré (bis)

2. La pris par sa main blanche, tidéra
Au bois je l'ai menée;
Quand ell' fut dans le bois,
Ell' s'est mise à pleurer (bis)

3. "Qu'avez-vous donc la belle, tidéra
Qu'avez-vous à pleurer?"
"Je pleur' que je suis jeune,
Et je suis en danger" (bis)

4. La pris par sa main blanche, tidéra
Hors du bois l'ai menée,
Quand ell' fut hors du bois
Ell' s'est mise à chanter. (bis)

5. "Qu'avez-vous donc la belle, tidéra
Qu'avez-vous à chanter?"
"Je chant' le grand lourdeau
Qu'a pas su m'embrasser." (bis)

6. "Retournons-y la belle, tidéra
Au bois vous baiserai"
"Quand tu tenais la caille,
Il fallait la plumer!" (bis)




Le thème de "l'occasion manquée" se retrouve dans pas mal de chansons populaires.

La version que nous vous avons présentée ci-dessus est très proche de Voilà ma journa faîta chantée dans le Haut-Dauphiné ainsi que d'une variante chantée en Franche-Comté:

1. Voilà ma journée faite,
Et ti ton, la la la, tra la la
Voilà ma journée faite,
Faut m'aller promener,
Faut m'aller promener,

2. Par le chemin j'rencontre
La fille du jardinier

3. J'la pris par sa main blanche,
Au bois je la menai

4. Aussitôt souis les arbres
Elle se mit à pleurer.

5. Qu'avez-vous donc, la belle ?
Qui vous fait tant pleurer ?

6. Je pleure car je suis jeune
Et je suis en danger

7. Ne pleurez pas la belle
Du bois vous sortirez !

8. Sitôt qu'elle fut sortie
Elle se mit à chanter

9. Qu'avez-vous donc, la belle ?
Qui vous fait tant chanter ?

10. Je chante la grosse bête
Qui n'sut pas m'embrasser !

11. Rev'nons y donc, la belle
Et je t'embrasserai

12. Quand tu tenais la caille
Il fallait la plumer.

D'autres auteurs la signalent comme une ronde des Ardennes françaises. On la retrouve sous une forme légèrement différente dans le Recueil de chansons populaires de E. Rolland. La caille a cédé la place à une poule.

En voici la version donnée sous le titre "Après ma journée faite":

1. Après ma journée faite,
Matandéri toudéra, la la la,
Après ma journée faite,
Je m'en fus promener, (bis)
Voyez,
Je m'en fus promener.

2. En mon chemin rencontre
Matandéri...
Une fille à mon gré.

3. J' la pris par sa main blanche
Matandéri...
Dans les bois j' l'ai menée.

4. Quand ell' fut dans les bois
Ell' se mit à pleurer.

5. Ah ! qu'avez-vous la belle ?
Qu'avez-vous à pleurer ?

6. Je pleur' mon innocence
Que vous me l'allez ôter. !

7. Ne pleurez pas tant la belle
Je vous la laisserai.

8. J' la pris par sa main blanche
Dans les champs j' l'ai menée.

9. Quand ell' fut dans les champs
Ell' se mit à chanter.

10. Ah ! qu'avez-vous la belle ?
Qu'avez-vous à chanter ?

11. Je chante votr' bêtise
De me laisser aller :

12. Quand on tenait la poule,
Il fallait la plumer.

13. Retournons-y donc la belle,
Cent écus vous aurez.

14. Pour cent et ni pour mille,
Jamais vous ne m'y raurez.

A l'autre bout de la France, du côté de Carjac, on trouve cette version en occitan intitulée "M'en souy estado possetza" ; on la trouve dans Anthologie des Chants Populaires Français par Joseph Canteloube.

1. M'en souy estado possetza (ter)
Ol bouès m'en souy perdudo,
M'en souy pas sotzudo tourna
D'oun l'and'èri bèngudo

2. Oqui possèt un cobolhé,
M'o troubad' endurmido :
" Bello, que fozès-bous oqui,
Bello, son coumpognio ?"

3. "Sè mè boulhas troça lou bouès,
Lou bouès son mé ré diré,
Bous dounorió bè cènt escuts,
Bous servirió dè mio !"

4. "Bello, mountas oqui dorriès
E démourès tronquillo;
Bous troçoráy sigur lou bouès,
Proumèté dé ré diré !"

5. Quon guèlo fuèt ol mèt bouès,
'Lo sè métèt o riré
E, coquelay, li démondèt :
"Dé qué boua fo ton riré ?"

6. "Moussu, ièu mé rizi de bous
E de bouostro souttizo,
De plo m'obèr troça lou bouès,
Lou bouès son mé ré diré !

8. Tu z'o fat coum' auzel boulant,
Quon tenio lo láuzetto;
Crézio dé lo téni pel ped :
Lo tenio pèl l'olèto !"

7. Quon tenióy lo perdit pel pèd,
Couçi nou la plumabos ,
Obióy to mi' o toun coustèt,
Couçi nou la boyzabos ?

On peut traduire ainsi (remarquez au passage que la caille est devenue une perdrix !):

1. Je m'en suis allée promener (ter)
Au bois me suis perdue,
Je n'ai pas su m'en retourner
Là d'où j'étais venue.

2. Vint à passer un cavalier,
L'a trouvée endormie :
"Belle, que faites-vous donc là,
Belle, sans compagnie ?"

3. "Faites-moi traverser le bois,
Le bois sans rien me dire;
Je vous donnerai cent écus
Et serai votre mie !"

4. "Belle, montez derrière moi
Et tenez-vous tranquille;
Je vous ferai passer le bois,
Et promets de rien dire !"

5. Arrivée au milieu du bois,
Elle se mit à rire
Et l'cavalier lui demanda :
"Qu'est c'qui vous fait tant rire ?"

6. "Monsieur, je me moque de vous
Et de votre sottise,
De m'avoir fait passer le bois,
Le bois sans rien me dire !

7. Tu tenais la perdrix par l'pied,
Comment ne la plumais-tu pas ?
Tu avais ta mie à ton côté,
Tu ne l'embrassais guère !

8. Tu fis comme l'oiseau de proie
Quand il tenait l'alouette;
Il croyait lui tenir le pied
Mais ce n'était que l'aile !"

Mais cette fois sur la côte atlantique, la caille est de retour mais évidemment,la mer a remplacé par le bois:

1. C'en est la fille d'un prince,
Tôt matin s'est levé,
Tôt matin s'est levé, sur le bord de l'île,
Tôt matin s'est levé, sur le bord de l'eau,
Charmant matelot.

2. Elle voit venir une barque,
De trente matelots,
De trente matelots, sur le bord de l'île,
De trente matelots, sur le bord de l'eau,
Charmant matelot.

3. Le plus jeune des trente
Chantait une chanson, ...
Mon cher bon mat'lot.

4. La belle chansonnette,
Je voudrais la savoir, ...
Mon cher bon mat'lot.

5. Montez dedans la barque,
Je vous l'apprenderais, ...
Charmant matelot.

6. La belle fut pas en barque,
Qu'elle se met à pleurer, ...
Mon cher bon matelot.

7. Pourquoi pleurez-vous la belle,
Qu'avez-vous à pleurer, ...
Charmant matelot.

8. Je pleure mon coeur en gage,
Galant vous le tenez, ...
Charmant matelot.

9. Pleurez pas tant la belle,
Car nous vous le rendrons ...
Mon cher bon mat'lot.

10. Cela n' peut pas se rendre,
Comme de l'argent prêté, ...
Mon cher bon mat'lot.

11. Pendant qu' tu t'nais la caille,
Il fallait la plumer, ...
Charmant matelot.

Terminons ce tour de France en nous dirigeant vers Metz et plus précisément à Vernéville, à proximité de son origine présumée.

Nous la retrouvons (p.153 vol.1) dans le recueil Chants populaires recueillis dans le pays messin, sous le titre L'amant discret. La versification est toutefois assez curieuse.

"Combien gagnez-vous, petite couturière?"
"Je ne gagne que cinq sous, mais ne travaille guère."
J'avais mis à mon marché
Tous les jours m'aller promener,
Jusqu'à la quart d'un bois,
Pour mon amant m'aller voir,
A la quart d'un bois, la quart d'un bois joli.

D'aussi loin qu'il m'aperçut,
D'un doux baiser il me salue.
"Mon amant, conduisez-moi
Jusqu'à la sortie du bois"
Quand elle fut hors du bois,
La belle se mit à rire.

"Or que riez-vous, Marguerite, ma mie?"
"Oh! je ris d'un serviteur qui a passé les bois
Tout seul, sa maîtresse auprès de lui
Sans jamais lui avoir rien dit."
"Retournons au bois, Marguerite, ma mie"
"Oh! non je ne retournerai pas
Pour cent louis, ni cent ducats."

Dans un poème de jeunesse, Vieille Chanson du jeune temps, V. Hugo évoque une promenade dans les bois, en compagnie d'une jeune fille de vingt ans, Rose. Le poète qui n'a encore que seize ans ne saisit pas l'invitation à l'amour que lui adresse sa compagne. Et le poème s'achève sur le regret d'une occasion manquée.

Traversons l'Atlantique et voila ce que nous trouvons au Québec:

Belle, attendez

1. Ah! qui me passera le bois,
Moi qui est si petite ?
} (bis)
C'est ce monsieur qui voilà là
N'a-t-il pas bonne mine? Là
Belle, attendez Belle,
Attendez j'irai vous reconduire
} (bis)

2. C'est ce monsieur qui voilà là
N'a-t-il pas bonne mine ?
} (bis)
Quand ils furent au milieu du bois
La belle n'osa rien dire là
Belle, attendez Belle,
Attendez j'irai vous reconduire
} (bis)

3. ... Mais quand ils furent passés le bois
La belle se mit à rire là ...

4. ... Oh qu'avez vous belle, qu'avez vous
Qu'avez vous a tant rire ? Là ...

5. ... Je ris de toi, je ris de moi
De nos folles entreprises là ...

6. ... Et de m'avoir passé le bois
Sans n'oser rien me dire là ...

7. ... Oh revenez belle, belle revenez
Je vous donnerai cent livres là ...

8. ... Ni pour un cent, ni pour deux cents
Ni pour trois mille livres là ...

9. ... Aurait fallu plumer la perdrix
Tandis qu'elle était prise là ...

10. ... Quand la perdrix prend sa volée
Elle n'a plus de reprise là ...

Elle a cette fois, comme bien d'autres, pris une structure de chanson "à répondre" et la caille a, cette fois peut-être, définitivement (?) cédé sa place à la perdrix !







Son voile qui volait




Mp3 : Ovila Légaré 
Harmonisation : Robert Ledent 
Voir la partition




32 Chansons à boire, éd.Grimaud


1. C'était un'jeune fille
Qui n'avait pas quinze ans.
} (bis)
Ell' s'était endormie
Au pied d'un rosier blanc.

Son voil' par-ci, son voil' par là,
Son voil' qui volait, qui volait.
Son voil' qui volait au vent.


2. Ell' s'était endormie
Au pied d'un rosier blanc.
} (bis)
Le vent soul'va sa robe
Fit voir son jupon blanc.


3. ...Et ses bell's jarr'tières roses
Et son beau cuisson blanc.

4. ...Et d'autres choses aussi
De bien plus séduisant.
5. ...Heureux, heureux, celui
Qui sera son amant.

6. ...Il aura le plaisir
De lui prendr' ça souvent.

7. ...De ce que je veux dire
La boucl' de son ruban.

8. ...Malheur à vous, Messieurs,
Qui pensiez autrement.



Encore une chanson qui a traversé l'Atlantique. Le texte ne semble pas avoir été modifié.

Vous avez pu écouter le premier couplet chanté par Ovila Légaré, un chanteur canadien, en 1929.






Mon père n'avait fille que moi


Mp3 : Conrad Gauthier (couplets) ) Ovila Légaré (refrain) ) Harmonisation : Robert Ledent 
Voir la partition

Refrain :
Marie-Madeleine
Son p'tit jupon de laine
Sa p'tite robe carreautée
Son p'tit jupon piqué

1. Mon père n'avait fille que moi (bis)
Encor' sur la mer il m'envoie

2. Encore sur la mer il m'envoie (bis)
Le marinier qui m'y menait

3. ...Il devint amoureux de moi

4. ...Ma mignonette, embrassez-moi

5. ...Nenni monsieur, je n'oserais

6. ...Car si mon papa le savait

7. ...Fille battue, ce serait moi

8. ...Mais qui, la belle, le lui dirait?

9. ...Ce serait les oiseaux des bois

10. ...Les oiseaux des bois parlent-ils ?

11. ...Ils parlent français, latin aussi

12. ...Hélas! Que le monde est malin

13. ...D'apprendre aux oiseaux le latin !




Vieille chanson très populaire en Acadie, apparentée à Marie-Madeleine, à Son voile qui volait,...

Au Canada on la retrouve avec les mêmes couplets; toutefois le refrain de cette chanson est manifestement un ajout. Vous avez entendu le premier couplet interprété en 1929 par Conrad Gauthier. En ce qui concerne le refrain, nous le retrouvons dans Marie-Madeleine chanté la même année par Ovila Légaré.

A côté du refrain que nous chantons traditionnellement, on trouve également:

Mon coeur est en âge,
Tant d'amants qui se font l'amour,
Et moi, je m'en passe.


et parfois même ce surprenant refrain que voici:

Les sauts d' crapauds
Les ch'mins sont beaux
En été y a pas d' cahots,
L'hiver en speeden, dondaine
L'été en boghei, dondé.(bis)






Comme les autres font


voir aussi la version "soft".
Arrangement : Xavier Hubaut  

1. Oh! ma mèr' ma pauvre mère
Je voudrais me mari-er
} (bis)
Je voudrais me mari-er comme les autres
Pour avoir fille et garçon
Comme les autres font.
} (bis)

2. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De quoi les nourriras-tu?
Je les nourrirai comme les autres
Du lait de mes blancs nichons
Comme les autres font.

3. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De quoi les vêtiras-tu?
Je les vêtirai de lain' comme les autres
De laine et de blanc coton
Comme les autres font.

4. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De l'argent en auras-tu?
Le soir derrièr' les buissons, comme les autres
Je trouss'rai mes blancs jupons
Comme les autres font.

5. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Et ta vertu qu'en fais-tu?
Ma vertu, je l'ai au cul, comme les autres
Ma vertu, je l'ai au con
Comme les autres font.

6. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Ton mari sera cocu
Si mon mari est cocu, comme les autres
Il port'ra des corn's au front
Comme les autres font.

7. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Ton honneur sera perdu
Si mon honneur est perdu, comme les autres
J' m'engag'rai dans un boxon
Comme les autres font.

8. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Dans c' boxon, qu'y feras-tu?
J'y jouerai du cul, du con, comme les autres
J'y attrap'rai des morpions
Comme les autres font.

9. Mais, ma fill', ma pauvre fille
T'attrap'ra du mal au cul
Si j'attrap' du mal au cul, comme les autres
Je m' foutrai des injections
Comme les autres font.




Cette vieille ronde normande a été interprétée par Gaston Trémolo dans les années 20.

Elle est à rapprocher de Il est pourtant temps, chanson de mariage, originaire de Sologne:


Il est pourtant temps, pourtant temps, o ma mé
Il est pourtant temps de me marier

1. Héla ma fill' j'avons point d'argent
Héla ma mé' j'avons du froment,
Que ne les vend-on, que ne me marie-t-on ?

2. Héla ma fill' j'avons point d'habits
Héla ma mé' j'avons des barbis
Que ne les tond-on, que ne me marie-t-on ?

3. Héla ma fill' j'avons point de vin
Héla ma mé' j'on du biau raisin
Que ne les coup'-t-on, que ne me marie-t-on ?

4. Héla ma fill' j'avons point de pain
Hela ma mé' l'blé est au moulin
Que ne les moudt-on, que ne me marie-t-on ?

5. Héla ma fill' j'avons point d'amant
Héla ma mé' j'avons le gros Jean
Causez-li en donc, que ne me marie-t-on ?

On trouve, outre des versions très édulcorées, une variante intéressante, dans les 32 Chansons à boire éditées par Grimaud :

Entends-tu le coucou ma Lisette,
Entends-tu le coucou?
Coucou! coucou! coucou! coucou! cou!



32 Chansons à boire, éd.Grimaud
1. Il était une bergère
Qui voulait se marier,
} (bis)
Qui voulait se marier, comme les autres,
Pour avoir de beaux jupons,
Comme les autres font!
} (bis)

2. Jean le meunier du village
L'épousa pour sa vertu
Et faire turlututu, comme les autres,
Pour avoir de gros garçons,
Comme les autres font!

3. Mais en peu de temps la garce
Lui mangea tous ses écus
Puis après le fit cocu, comme les autres,
Et père d'un gros garçon,
Comme les autres font!

4. Quand elle eut mangé la ferme
Les moutons et les écus
Elle plaqua son cocu, comme les autres,
En lui laissant le lardon,
Comme les autres font!

5. A Paris la capitale
Tout de suite elle accourut,
Elle y gagne des écus, comme les autres,
Que lui mange un beau garçon, (bis)
Comme les autres font!

6. Ô jeunes gens du village
Qui voulez vous marier,
Qui voulez vous marier, comme les autres,
Retenez de ma chanson,
Ce refrain sans façon.




Comme les autres font


Retour à la version traditionnelle.


1. Oh! ma mèr' ma pauvre mère
Je voudrais me mari-er
} (bis)
Je voudrais me mari-er comme les autres
Pour avoir filles et garçons
Comme les autres font.
} (bis)

2. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De quoi les nourriras-tu?
Je les nourrirai comme les autres
Du lait de mes blancs têtons
Comme les autres font.

3. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De quoi les vêtiras-tu?
Je les vêtirai de lain' comme les autres
De laine et de blanc coton
Comme les autres font.


4. Mais, ma fill', ma pauvre fille
De l'argent en auras-tu?
J'en aurai à la maison, comme les autres
Plein les poch's de mon jupon
Comme les autres font.

5. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Ton mari sera-t-il bon?
Si mon mari n'est pas bon, comme les autres
Il port'ra des corn's au front
Comme les autres font.

6. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Ton bonneur sera perdu
Si mon bonneur est perdu, comme les autres
J' m'engag'rai dans un' maison
Comme les autres font.

7. Mais, ma fill', ma pauvre fille
Que f'ras-tu dans cett' maison?
J'y vendrai des cornichons, comme les autres
Des concombres et des melons
Comme les autres font.






En revenant de Paris
Paris-Nantes - Tiens voila mon zob !


Voir la version canadienne

Arrangement : Xavier Hubaut 
Mp3 : Tonus 

1. En revenant de Paris jusqu'à Nantes
Oh lala, Oh lala, lala,
lala, lala, lala, lala, lala !
En revenant de Paris jusqu'à Nantes
Tiens, voilà mon zob, zob, zob,
Tiens, voilà mon zob, zobi !

2. J'ai rencontré trois jeunes filles charmantes

3. J'ai pas choisi, mais j'ai pris la plus grande

4. Je lui ai dit de monter dans ma chambre

5. J' lui ai foutu cinq, six coups dans le ventre

6. Quand j'eus fini, ell' me dit: "Recommence!"

7. "Y a pas moyen, y a plus d'huil' dans la lampe"

8. "Si c'est comme ça, tu reviendras dimanche"

9. "Et s'il en rest' ce s'ra pour la servante!"




Concernant l'origine de la chanson, voir la note ci-dessous de M'en revenant de la jolie Rochelle




M'en revenant de la jolie Rochelle

Retour à la version européenne




1. M'en revenant de la jolie Rochelle (bis)
J'ai rencontré trois jolies demoiselles

La voila ma mie que j'aime bien
Voila, voila ma mie que j'aime
} (bis)

2. J'ai rencontré trois jolies demoiselles (bis)
J'ai point choisi, mais j'ai pris la plus belle

3. J'ai point choisi, mais j'ai pris la plus belle (bis)
J'la fis monter derrière moi dans ma chambre

4. J'la fis monter derrière moi dans ma chambre (bis)
J'la fis coucher sur un p'tit lit qui branle

5. J'la fis coucher sur un p'tit lit qui branle (bis)
Au bout d'trois mois, un p'tit bedon qui enfle

6. Au bout d'trois mois, un p'tit bedon qui enfle (bis)
Au bout d'six mois, ça l'a meilleure apparence.

7. Au bout d'six mois, ça l'a meilleure apparence (bis)
Au bout d'neuf mois, un p'tit bonhomme qui danse

8. Au bout d'neuf mois, un p'tit bonhomme qui danse (bis)
Au bout d'onze mois, voilà qu'ça recommence !




L'origine de cette chanson nous est inconnue. On trouve déjà dans Airs de Cour, édité à Poitiers en 1607, une chanson du même style débutant par Entre Paris et La Rochelle .

Mieux, en 1614 dans La fleur des plus belles chansons on trouve En revenant de Saint Denis en France qui semble en être l'ancêtre direct.

D'autres variantes sont reprises dans Le gai chansonnier, publié en 1886, qui signale une version de 1602 où, revenant d'un bourg près de Marmande, on rencontre Jeanneton l'allemande ainsi que dans le Parnasse des muses de 1628, où, revenant de Guyse, on rencontre une nourisse.

Cette chanson a évolué de en France donnant Paris-Nantes (La Rochelle a été remplacée par Nantes) tandis que le Canada restait fidèle à La Rochelle.

Dans les différentes versions, on remarque que le (curieux!) refrain n'est jamais du même style que les couplets. La présence d'un refrain était assez rare dans les chansons anciennes ; l'original n'en avait vraisemblablement pas.
Un autre refrain que l'on trouve est: "C'est l'aviron qui nous mène en haut".

Vous pouvez écouter, dans une version légèrement différente, un extrait très entraînant interprété par le groupe Vallée d' Castors 







Nicaise




1. L'autre jour, le pauvr' Nicaise
Rencontra Suzon.
Qui lui fit des yeux de braise
Et l'va son jupon

Vas-y, vas-y, va, Nicaise (bis)
Qu'est-c' que t'attends donc, eh, con !



2. Faut-il que j' lui prenn' la bouche (bis)
Ou bien le menton ?

3. Hé! descends, descends, Nicaise (bis)
Plus bas qu' le menton, eh, con !

4. Faut-il que j' lui prenn' la gorge (bis)
Ou bien l' gorgeron ?

5. Hé! descends, descends, Nicaise (bis)
Plus bas qu' le nichon, eh, con!

6. Faut-il que ses pieds j' lui prenne (bis)
Ou bien ses g'noux ronds ?

7. Eh r'mont' donc, r'mont' donc, Nicaise (bis)
Plus haut qu' le cuisson, eh, con !

8. Alors c'est c'te drôl' de fente (bis)
Qu'il faut qu' j'enfilions ?

Enfile, enfil' la, Nicaise,
Enfil' donc Suzon! eh, con!
Enfile, enfil' la, Nicaise,
T'as assez fait l' con, eh, con!








Les fraises et les framboises


Voir la version canadienne
Arrangement : Robert Ledent
Mp3 : Chorale de l'ULB 

1. En revenant d' Montmartre,
De Montmartre à Paris,
J'ai rencontré trois filles,
Trois fill's de mon pays.

Ah! les frais's et les framboises
Et l' bon vin qu' nous avons bu,
Et les belles villageoises
Que nous n' reverrons plus.


2. J'ai rencontré trois filles,
Trois fill's de mon pays,
J'embrassai la plus jeune
Et la plus belle aussi.

3. ... L'emm'nai dans ma chambrette
Pour parler du pays

4. ...Ell' me dit: soyez sage
Et près de moi s'assit.

5. ...Comme il n'y avait pas d' chaise
Elle s'assit sur le lit.

6. ... J'entrouvris sa ch'misette
Et vis un joli nid.

7. ...Puis je lui dis: "Regarde
Mon joli canari"

8. ...Ell' caressa l'oisille
Et voilà qu'il grandit.

9. ...Et puis, battant des ailes,
Il entra dans le nid.

10. ...Il y entra si fort
Que le cou s'y rompit.

11. ...Pleurez, pleurez, mesdames
La mort du canari.

12. ...Ne pleurez plus, mesdames
La mort du canari.

13. ...Car la fillette, adroite,
Le rendit à la vie.




À remarquer la similitude harmonique avec Si j' t'encule.


Signalons que dans les années 20, cette chanson (dans une version probablement plus "soft") a été interprétée par Parisys et fut un grand succès au Casino de ... Bruxelles.

Le gai chansonnier de 1886 signale une chanson analogue recueillie au Poitou:
1. En y revenant de Montmartre
De Montmartre à Paris,
J'ai rencontré trois filles
Trois filles de mon pays.

Ah! ah! tralalala lalère
Ah! ah! tralalala.


2. N'ai point fait la choisie
La plus belle je pris.
Aussitôt je l'embrasse
Et sur mes genoux je l'assis.

3. Je regarde entre ses jambes,
J'aperçois le paradis;
Je regarde entre les miennes,
J'aperçois Jésus-Christ.

4. Jésus-Christ dresse la tête,
Dans le paradis se fourit
Et s'y fourit si vite
Que sa cervelle crevit.

5. Toutes les dames de la ville
Accoururent à son cri ;
L'une apportant du linge
Et l'autre du charpi.

Sous le titre Les trois garces et Jésus-Christ on retrouve une chanson analogue dans le volume 2 de l'Anthologie hospitalière et latinesque de 1911. Nous ignorons malheureusement l'air sur lequel on chantait le (stupide) refrain.

Oh! la, la !
Dzim ! boum! tra la, la,la !
Nous irons chez ma tante !
Dzim ! boum! tra la, la,la !
Chez ma tante on ira !


1. En revenant d' Montmartre,
De Montmartre à Paris,
J'ai rencontré trois garces,
Trois garc's de mon pays.

2. J'ai rencontré trois garces,
Trois garc's de mon pays,
J' m'approchai d' la plus jeune
Sur mes g'noux, je l'assis.

3. ... Je r'garde entre ses cuisses,
J'aperçois l' Paradis

4. ... Je r'garde entre les miennes,
J'aperçois Jésus-Christ

5. ... Jésus-Christ lèv' la tête
Et rentr' dans l' Paradis

6. ... Il y rentra si fort
Qu' la cervell' lui jaillit.

7. ... Tout's les fill's de Montmartre
Apportèr'nt d' la charpie.

8. ... Pour env'lopper la tête
La tête à Jésus-Christ

9. ... Plaignez, plaignez, Mesdames,
Le sort de Jésus-Christ.

10. ... Quand il était sur terre,
Il vous faisait plaisir.

Le thème de la rencontre avec trois filles (pourquoi trois ? puisqu'en fin de compte, le gars n'en choisit qu'une seule !) est très fréquent dans les anciennes chansons.

On le retrouve déjà en 1607 dans Entre Paris et La Rochelle et en 1614 dans Nous étions trois jeunes filles .




Les fraises et les framboises

Retour à la version européenne
Mp3 : Fernando Soucy 

On trouve une version féminine (curieusement chantée par un homme !)


Ah, les fraises et les framboises
Du bon vin j'en ai bu,
Croyez-moi, chers villageois,
Jamais j'me suis tant plu.



1. Sur la route de Longueuil
De Longueuil à Chambly,
J'ai rencontré trois beaux,
Trois beaux gars du pays.

2. J'ai rencontré trois beaux,
Trois beaux gars du pays.
J'ai fait risette au jeune,
C'était le plus joli,

3. ...Il me clignait de l'oeil
En me disant ceci

4. ...Venez, venez la belle,
Y en a encor' à boire

5. ...Et il m'offrit son bras,
Son bras, son coeur aussi.

6. ...J'ai accepté les deux,
Et nous voilà partis.

mais ...il existe également une version masculine !

1. Sur la route de Longueuil
De Longueuil à Chambly,
J'ai rencontré trois belles,
Trois bell's filles du pays.

Ah! les fraises et les framboises,
Du bon vin j'en ai bu
Croyez-moi bons villageois,
Jamais j' me suis tant plu.


Venez donc villageois,
Y en a encore à boire
En faisant la cueillette
Des fraises et des framboises.


2. J'ai rencontré trois belles,
Trois bell's filles du pays.
J'ai fait risette à la plus jeune,
C'était la plus jolie.

3. J'ai fait risette à la plus jeune,
C'était la plus jolie,
Elle me clignait de l'oeil
En me disant ceci:

4. Et nous voilà partis
Dans les champs et les prés
A la fin de l'été,
Nous nous sommes mariés.




La version québécoise a, bien entendu, modifié les noms de lieux: Montmartre et Paris ont été remplacés par Longueuil et Chambly.
Longueuil est un faubourg situé à une dizaine de kilomètres à l'est du centre de Montréal. Vieux-Longueuil, est un site datant de la fin du XVIIe siècle.
Chambly se trouve à environ 25km vers le sud-est. Le fort Chambly, qui contrôlait la route vers Montréal, se dresse sur le bord de la rivière Richelieu, au pied des rapides de Chambly. Datant de 1711, cette imposante sentinelle en pierre s'inspire des principes de fortifications françaises à la Vauban. Elle protège la Nouvelle-France des attaques britanniques.
Le fort Chambly a résisté aux bouleversements de l'histoire de la Nouvelle-France. Il demeure un précieux témoin de la présence française en Amérique du Nord.
La descente du Fort Chambly débute à Chambly et se termine à Longueuil, plus précisément dans l'arrondissement du Vieux-Longueuil.

La version canadienne inverse les choses; au lieu de descendre de Montmartre à Paris, on monte de Longueuil à Chambly.

Elle propose également une version féminine; ce n'est plus un garçon qui rencontre trois filles mais une fille qui choisit parmi trois gars. Elle prend l'initiative, paraît bien plus sage mais... les apparences sont parfois trompeuses.
Vous pouvez écouter le premier couplet chanté en 1949 par le Trio Soucy & Fernando Soucy (qui prétendent être les auteurs de cette chanson que nous avons retrouvée dans les années 1920, en 1911, en 1886, ...!)







Le manchon


Mp3 : Colette Renard 

Refrain :
Revenez-y !
Maître Simon, frottez-vous-y !
J' vous prêt'rai mon manchon !
Mignon !
J' vous prêt'rai mon manchon !


1. V'là c' que c'est d'être si bonne;
Un de ces matins qu'il gelait,
Dans la vigne à la grand' Simone,
Maître Simon se morfondait ;

I' m' dit :"V'nez ça ! v'nez ça ! Mamsell' Javotte !
Réchauffez-moi ! car je grelotte !...

2. Réchauffez-moi ! car je grelotte !
Par malheur j'avais mon manchon;
Vous m' direz que j'étais ben sotte
De l' prêter à maître Simon.

J'ai, ce jour-là, ben gagné ma journée ;
Je n' m'en pus servir de l'année;...

3. Je n' m'en pu servir de l'année,
Car la main de maître Simon,
Que rien jamais n'avait gênée,
N'y faisait pas tant de façons;

Il en a tout chiffonné la fourrure
Et même élargi l'ouverture.

4. Et même élargi l'ouverture ;...
Ce petit meuble, si mignon,
A quasi changé de figure ;
C'était le plus p'tit de la maison.

I' bouffe autant que celui de ma tante,
Voyez comm' ça me'rend bien contente !...




Nous donnons, ci-dessus, la version originale que l'on retrouve dans le tome 4 des Oeuvres choisies de P.Laujon publié en 1811.
Seuls quelques mots ont été modifiés dans la chanson interprétée par Colette Renard.

Nous ne pouvons manquer de signaler une version sur le même thème mais fort différente publiée en 1866 dans le tome 2 des Chansons Nationales et populaires de Dumersan et Ségur. Elle est attribuée à Feu Lauzon(sic) et Henri Simon et est intitulée La petite frileuse


1. A quoi sert d'avoir du mérite,
De la tournure et des appas?
Au villag' quand on est petite,
Les garçons ne vous r'gardent pas.
En grandissant, aux dons de la nature,
Il faut joindre un peu de parure:
Or, à quinze ans,
Pour me donner plus d'agréments,
J'avais un p'tit manchon
Mignon,
J'avais un p'tit manchon.

2. En hiver, la bis' n'est pas chaude,
Un jour, dans un sentier étroit,
Je rencontrai le fils à Claude,
Il était quasi raid' de froid.
Fanchon, qui m' dit, je n'ai pas ma capote.
Réchauffez-moi, car je grelotte.
Non, non, Thomas,
Je suis frileus', ne m' touchez pas ;
Je n' prêt' pas mon manchon,
Mignon,
Je n' prêt' pas mon manchon.

3. Thomas est un monsieur sans gêne,
Malgré mon r'fus. il va son train;
Dans mon ourson couleur d'ébène
Sans façon il glisse la main.
"Ah ! qu'est-c'que j'sens ? il faut qu' la giboulée,
Nigaud, vous ait donné l'onglée,
Que fait's-vous donc?
Ah ! mon Dieu, c'est comme un glaçon,
Otez ça d' mon manchon
Mignon,
Otez ça d' mon manchon ! "

4. Quand il voit pourquoi je le bourre,
La colèr' s'empare de Thomas;
Il r'tir' sa main, mais il y fourre
Je n' sais quoi de gros comm' le bras.
De mon ourson ça gâte la fourrure,
Ça même élargit l'ouverture.
Ah ! quell' douleur !
Quel malheur pour un' fill' d'honneur !..
J'ai perdu mon manchon
Mignon,
J'ai perdu mon manchon !

5. Oui, je n' pourrai plus faire usage
D'un meuble si neuf et si beau.
Ah! quelle perte ! ah ! quel dommage !
C'était le plus p'tit du hameau .
Le v'là maintenant aussi large et difforme
Que celui d' la vieill' Delorme.
Un prix m'est dû.
J' vais l' fair' voir à mon prétendu.
Vous paîrez mon manchon
Mignon,
Vous paîrez mon manchon.

6. Ne parl' pas de ça, me dit ma mère,
Dans mon armoir' j'ai déposé
La p'tit' fiol' qu'un ami d' ton père
Me donna quand je l'épousai.
Pour les manchons, c'est comme un antidote.
Ell' prend le mien, puis ell' le frotte...
Ça fit si bien,
Si bien, si bien, qu'en moins de rien,
Ell' m'a r'fait un manchon
Mignon,
Ell m'a r'fait un manchon.







La dispute du cul et du con

Air: A la façon de Barbari



Arrangement : Xavier Hubaut 

1. Chacun de vous sait qu'autrefois
Au Japon comme en France
Le trou du cul avec le con
Vivait d'intelligence
Voulez-vous savoir la raison
La faridondain', la faridondon,
Qui les a rendus ennemis,
Biribi,
A la façon de Barbari,
Mon ami


2. Le trou du cul plein de fierté,
Disait dans son langage:
"Foutras-tu toujours sous mon nez
Et dans mon voisinage?
Comme toi ne suis-je pas bon?
La faridondain', la faridondon,
A recevoir aussi le vit,
Biribi,
A la façon de Barbari,
Mon ami"


3. En entendant ceci, du con
Grande fut la colère
Et il en supprima, dit-on
Les règles ordinaires
"Tais-toi, dit-il, foutu cochon ...
Tu n'es bon qu'à salir le vit, ..."

4. "C'est bien à toi, reprit le cul,
De parler d'immondices,
Du moins, on ne m'a jamais vu
Foutre la chaude-pisse
Toujours couvert de morpions ...
T'as souvent la vérole aussi, ..."

5. À ce moment, survint un vit
De superbe encolure
Il était, ma foi, fort bien mis
Et de belle tournure:
"Paix, leur dit-il, taisez-vous donc ...
Vous faites beaucoup trop de bruit, ..."

6. Tout d'abord, il entra au con
Qu'il trouva un peu large,
Puis dans l' trou du cul sans façon
Par trois fois, il décharge,
"Hé, hé, dit-il, taisez-vous donc ...
Plus c'est étroit, plus on jouit, ..."

7. À cet arrêt, si bien pourtant,
Le con bava de rage,
Et le trou du cul triomphant,
Fit un sacré tapage,
Par trois fois, il pèt' sur le con ...
Lui disant: "Ton règne est fini, ..."

8. Le bougre avait ma foi raison,
Je le dis sans mystère
Pour foutre il n'est qu'un trou de bon
C'est le trou de derrière
Souple, nerveux et très profond ...
Dieu pour le vit exprès le fit, ...




Pour l'air de la chanson, voir la note relative à Un bal au paradis.

On trouve le texte original dans Le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle édité "à l'enseigne des sept péchés capitaux" à Rome (en réalité à Bruxelles en 1864). Cependant, la facture est assez différente.

Notons que le thème de la dispute se trouve également dans un conte russe intitulé Le c.. et le cul:

Un beau jour le c.. et le cul se querellent entre eux et font tel vacarme,qu'on emporte les saints (que le diable en tremble)!

Le c.. dit au cul: "Hé! toi, mauvais drôle, tu ferais mieux de te taire ! tu sais que chaque nuit vient chez moi un hôte charmant, et pendant ce temps-là tu restes coi et tu marronnes.
- Voyez-vous ce vilain petit c.., répond le cul, quand on te f..., l'eau m'en vient à Ia bouche, et je me tais pourtant!
- Cela se passait il y a longtemps, à l'époque où l'on ne connaissait pas les couteaux, et où l'on coupait la viande avec la p...

in Contes cosaques de la petite Russie (Contes secrets) publié dans le volume 1 de Kryptádia en 1883.