|
De profundis morpionibus
Arrangement : Xavier Hubaut
Tonus:
voir la version canadienne
1. O! muse prête-moi ta lyre,
Afin qu'en vers je puisse dire
Un des combats les plus fameux,
Qui s'est déroulé sous les cieux.
3. Cent mille poux de forte taille
Sur la motte ont livré bataille
A nombre égal de morpi-ons
Portant écus et mori-ons. (1)
|
De profundis morpionibus
Tra, la, la, la, la, la, la, la,
la, la, la, la, la, Ah! (bis)
4. Dans un bouzin de tous les diables,
Le choc fut si épouvantable
Qu' les femm's enceint's en accouchant
Chiaient d' la merde au lieu d'enfants.
|
2. Un jour de fêt' comm' saint' Thérèse,
A Saint' Gudul' chantait la messe
Elle sentit soudainement
Un énorme chatouillement.
5. La bataille fut gigantesque,
Tous les morpions mourur'nt ou presque
A l'exception des plus trapus
Qui s'accrochèr'nt aux poils du cul.
|
6. Le général, nouvel Enée,
Sortant des rangs de son armée,
A son rival, beau chevalier,
Propose un combat singulier.
8. Un morpi-on motocycliste,
Prenant la raie du cul pour piste
Dans un virage dérapa
Et dans la merde s'enlisa.
10. Puis au plus fort de la bataille,
Soudain frappé par la mitraille
Le maréchal des morpi-ons
Tomba mort à l'entrée du con.
12. Et ils bouchent toute la fente,
Que les morpions morts ensanglantent
Et la vallée du cul au con
Etait jonchée de morpi-ons.
|


L'illustration est extraite de Chansons Cochonnes.
Chansons estudiantines traditionnelles adaptées en bandes
dessinées par L-M CARPENTIER - MALIK - JIDÉHEM -
KOX couleurs LAURENT album 48 pages cartonné couleur
format 22-29cm aux éditions Topgame
|
7. C'est un général plein d'audace
Descendant de l'antique race
Des morpi-ons que Mars donna
A Vénus quand il la baisa.
9. Monté sur une pair' d'échasses
Un vieux morpion que l'on pourchasse,
Sur une motte trébucha
Les yeux au ciel il expira.
11. Un morpion de noble origine,
Qui revenait du bout d' la pine,
Levant sa lance s'écria:
"Le morpion meurt, mais n' se rend pas !"
13. Et pour reprendre l'avantage,
Les morpions luttaient avec rage;
Mais leurs efforts fur'nt superflus,
Les poux gardèrent le dessus.
|
14. A cheval sur une roupette,
Tenant à la main sa lorgnette,
Le capitaine des morpions
Examinait les positions.
17. En vain la foule désolée,
Pour lui dresser un mausolée
Pendant huit jours chercha son corps
L'abîme ne rend pas les morts!
20. Devant cette ombre qui murmure,
Triste, faute de sépulture,
Tous les morpi-ons font serment
De lui él'ver un monument.
23. Son cheval à pied l'accompagne;
Quatre morpi-ons grands d'Espagne
La larme à l'oeil, l'écharpe au bras,
Tiennent les quatre coins du drap.
26. Restés un peu plus en arrière,
Assis en rond sur leur derrière,
La crotte au cul, la larme à l'oeil,
Tous les morpions étaient en deuil.
29. Sur une couill' grosse et velue,
On érigea une statue
Au capitaine des morpions,
Mort bravement au fond d'un con.
32. Depuis ce temps dans la vallée,
On entend des bruits de mêlée,
Les ombres des morpions vaincus
Hant'nt à jamais les poils du cul.
|
15. Soudain, voyant plier son aile,
Il dit à ses troupes fidèles:
"Ah! mes amis! Nous somm's foutus,
Piquons un' charge au fond du cul".
18. Un soir, au bord de la ravine,
Ruisselant de foutre et d'urine,
On vit un fantôme tout nu
A cheval sur un poil de cul.
21. En vain l'on chercha sa dépouille
Sur la pine et sur les deux couilles:
On ne trouva qu'un bout de queue
Qu'un sabre avait coupé en deux.
24. On lui bâtit un cénotaphe
Où l'on grava cette épitaphe;
"Ci-git un morpi-on de cœur,
Mort vaillamment au champ d'honneur".
27. Au bord du profond précipice,
On rangea les morpions novices
Ils défilèr'nt en escadrons
En faisant sonner leurs clairons.
30. Et l'on en fit une relique
Que l'on mit dans un' basilique
Pour que les futurs bataillons
Sachent comment meurt un morpion.
33. Et parfois par les soirs de brume,
Quand sur la terr' se lèv' la lune,
On voit les âmes des morpions
Voltiger sur les poils du con.
|
16. Transpercé malgré sa cuirasse
Faite d'une écaille de crasse,
Le Capitaine Morpi-on
Est tombé mort au bord du con.
19. C'était l'ombre du Capitaine
Dont la carcasse de vers pleine
Par défaut d'inhumati-on
Sentait le marolle (2) et l'arpion. (3)
22. On l'a recouvert d'une toile
Où de l'honneur brille l'étoile
Comme au convoi d'un général
Ou d'un garde nati-onal.
25. Douze des plus jolies morpionnes
Portèr'nt en pleurant des couronnes
De fleurs blanch's et de poils du cul
Qu'avait tant aimé le vaincu.
28. Tandis que la foule en détresse,
Tout en pleurant disait la messe,
L'adversaire de l'onguent gris (4)
Monta tout droit au paradis.
31. Depuis ce jour, on voit dans l'ombre
A la porte d'un caveau sombre,
Quatre morpions de noir vêtus,
Montant la garde au trou du cul.
Récitatif:
Libere nos de morpionibus omnibus
Qui condamnant couillones,
Qui devorant et per omnia
Testiculos, testiculorum! Amen!
|
(1) morion = casque léger des XVIe et XVIIe, à bords relevés devant et derrière, et à calotte sphérique.
(2) marolle = maroille; fromage de lait de vache, de forme carrée, à pâte molle fermentée et à croûte lavée de couleur jaunâtre, très odorant et de goût prononcé, fabriqué dans la région de Maroilles en Thiérache.
(3) arpion = (terme argotique désignant le) pied
(4) onguent gris = pommade à base de mercure utilisée dans le traitement de la syphilis.
|
Reprise dans de nombreux ouvrages de référence, cette chanson semble trouver son origine dans un texte attribué à Théophile Gautier (1811-1872) intitulé La mort, l'apparition et les obsèques du Capitaine Morpion et publié en 1864 par Auguste Poulet-Malassis (1825-1878) dans le Parnasse satyrique du XIXe siècle.
La version publiée dans Le nouveau Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle , ouvrage clandestin publié en 1866, n'affiche pas moins de 13 couplets; on y retrouve les couplets 3, 16, 24 et 32 (où les deux derniers présentent de très légères variantes). Notons également le 7e couplet qui, après modifications, passé en tête de ce poème:
Homère, prête-moi ta lyre,
Que noblement je puisse dire
Le combat de ces nobles preux,
Les grands coups de ces valeureux !
|
La note qui figure en bas de page et cite précise "attribué à "Théophile Gautier, ajoute prudemment:
M. Gautier s'y trouve victime (il le faaâlait) de l'observation de Nicolas Boileau sur la chanson qui:
Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant.
Signalons qu'avant l'édition, Théophile Gautier lui avait écrit pour désavouer à l'avance tout ce qui porterait son nom dans ce recueil clandestin.
Dans une édition postérieure (1873) de Poulet-Malassis intitulée Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres, on trouve une autre version ne comprenant que 9 couplets (les couplets numérotés actuellement 3, 10, 17, 18, 19, 20, 22, 23 et 24).
Ce texte est reproduit à l'identique dans l'anthologie publiée en 1910 et intitulée L'œuvre libertine des poètes du XIXe siècle de Germain Amplecas (aka Guillaume Apollinaire).
Hormis les couplets 3 et 24 dont l'authentification semble confirmée, il est donc bien difficile de distinguer ceux écrits par Théophile Gautier et ceux qui lui ont été prêtés; on ne prête qu'aux riches !
Dans les trois derniers ouvrages, il est mentionné que "cette poésie héroïque se chante sur la musique d'une marche funèbre composée par M. Reyer pour le convoi du maréchal Gérard".
M. Sommereyns a eu l'amabilité de nous faire parvenir une copie de la partition qui figure dans l'édition du Nouveau Parnasse satyrique de 1864 ainsi que dans l'ouvrage Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres publié en 1873, également par Poulet-Malassis.
La mélodie n'est que fort peu différente de celle chantée d'aujourd'hui.
D'après l'édition des Fleurs du Mâle par le GRACE (1984), Poulet-Malassis à Bruxelles (septembre 1863 - mai 1871), ainsi qu'un travail de licence de Barbara Hulstaert (1998)
Georges Brassens, dans Les quat'z'arts (1964), nous raconte que:
Le curé n'avait pas un goupillon factice
Un de ces goupillons en forme de phallus
Et quand il y alla de ses de profondis
L'enfant de chœur répliqua pas morpionibus
|
Auparavant en 1960, il avait déjà chanté dans Le mécréant
J' me mis à débiter, les rotules à ter(re)
Tous les Ave Maria, tous les Pater Noster
Dans les rues, les cafés, les trains, les autobus
Tous les de profundis, tous les morpionibus
|
|
De Profundis Scorpionibus
Retour à la version européenne
1. Muse prête moi ta lyre (lyre )
Afin qu'en vers je puisse dire ( dire )
L'un des poèmes les plus fameux
Qui se déroula sous les cieux...
(faire aller les bras de gauche a droite)
Pa-dam, Pa-dam , Pa-dam, pa-dé profondis
(monter les mains vers le ciel)
Pou-dou, poudou
(crier fort avec une main vers le ciel)
SCORPIONIBUS
(baisser les deux mains)
Pou-dou poudou
(taper des mains et lever le bras à hey!)
pa, pa-la-la, pa-la-la, pa-la-la, hey!
|
2. Six cent grues de forte taille (taille)
Livrèrent un jour bataille (taille)
À nombre égal de scorpions
Qui défendaient une tête de pont.
3. Les grues prises en enfilades (lades)
Par les scorpions qui les menacent (nacent)
Contre-attaquèrent violemment
Et purent dégager leurs flancs.
4. Le combat fut gigantesque (tesque)
Tous les scorpions périrent ou presque (presque)
Et cette lutte de titans
Finit faute de combattants.
5. Merci muse pour la lyre (lyre)
Car grâce à toi, j'ai pu écrire (rire)
Ce poème en vers merveilleux
Homère n'aurait pas fait mieux !
|
Dans un arrangement très original dû aux Frères Jacques, revoilà outre Atlantique, le célèbre poème de Théophile Gautier.
Les morpions ont fait place aux scorpions (la rime est toujours là!) et ce sont les grues qui ont pris la relève des poux !
Admirez surtout la description de la superbe gestuelle du refrain.
|
Sommaire Retour à la liste
|