Fanchon

Harmonisation : André Huberhp
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MP3 : Chorale de l'ULB

1. Amis, il faut faire une pause,
J'aperçois l'ombre d'un bouchon
Buvons à l'aimable Fanchon,
Chantons pour elle quelque chose.

Ah! Que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous.
Oui, comme nous. (bis)



32 Chansons à boire, éd.Grimaud
2. Fanchon quoique bonne chrétienne,
Fut baptisée avec du vin;
Un Bourguignon fut son parrain,
Une Bretonne sa marraine.

3. Fanchon préfère la grillade
A d'autres mets plus délicats.
Son teint prend un nouvel éclat
Quand on lui sert une rasade.

4. Fanchon ne se montre cruelle
Que quand on lui parle d'amour,
Mais moi, si je lui fais la cour,
C'est pour m'enivrer avec elle.

 
5. Un jour, le voisin La Grenade
Lui mit la main dans le corset;
Ell' répondit par un soufflet
Sur le museau du camarade.

L'illustration est extraite de Chansons Cochonnes
Chansons estudiantines traditionnelles adaptées en
bandes dessinées par L-M CARPENTIER - MALIK - JIDÉHEM -
KOX couleurs LAURENT album 48 pages cartonné couleur
format 22-29cm
Editions Topgame


Cette chanson très populaire a notamment été interprétée par Bordas en 1956, les Quatre Barbus en 1957 et les Cadets de Bourgogne.

Parfois dénommée "Chant des Marie-Louise", l'aimable Fanchon est une chanson de garnison communément attribuée à Antoine-Charles-Louis, comte de Lasalle (10 mai 1775 - 6 juillet 1809), officier du premier Empire, fondateur de la Société des Assoiffés (ou des Altérés), qui l'aurait composée au soir de la bataille de Marengo, le 25 prairial an VIII (14 juin 1800). Cette paternité douteuse a été reprise dans un chansonnier intitulé la Gaudriole, chansonnier joyeux, facétieux et grivois, publié à Paris en 1849 chez les Frères Garnier. On y trouve une version qui ne comporte que 3 couplets:

Amis, il nous faut faire pause,
J'aperçois l'ombre d'un bouchon;
Buvons à l'aimable Fanchon,
Pour elle faisons quelque chose,
Ah ! que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire,
     Elle aime à rire,
     Elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous.
} Bis en
chœur.

Elle préfère une grillade
Aux repas les plus délicats;
Son teint prend un nouvel éclat
Quand on lui verse une rasade;
Ah ! que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire,
     Elle aime à rire, etc.

Si quelquefois elle est cruelle,
C'est lorsqu'on lui parle d'amour;
Pour moi, je ne lui fais la cour
Que pour m'enivrer avec elle;
Ah ! que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire,
     Elle aime à rire,
     Elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous.

D'autres l'attribuent à l'abbé Gabriel-Charles de Lattaignant (1697-1779), auteur de nombreuses chansons populaires (J'ai du bon tabac,...). Mais, peut-être est ce un confusion due au fait que, dans le vaudeville "Fanchon la Vielleuse", un des personnages est l'abbé de Lattaignant.
Un recueil de chansons traditionnelles françaises la date de 1798.(Ch. Malo); par contre TH.M. Dumersan ne la signale qu'à partir de 1802. Bref tout semble s'accorder pour fixer la date aux proches environs de 1800.

1073 Par contre, les spécialistes s'accordent sur la musique. Le timbre est celui de Amour, laisse gronder ta mère: cet air ancien, répertorié sous le n°1073 de La Clé du Caveau, est celui d'une ronde dont le refrain est: Il aime à rire, il aime à boire... En fait, l'air figurerait également dans les Pont-Neuf du XVIIe siècle (mélodies utilisées par les chansonniers de l'époque)

Nous avons consulté La clé du caveau, mais l'air n°1073 hp ne ressemble que d'assez loin à l'air actuel de Fanchon que nous connaissons; on y trouve, tout au plus, une similitude un peu plus marquée dans le refrain.
En 1858 dans les Chants et chansons populaires de France , les 3 couplets mentionnés plus haut sont repris mais deux autres couplets sont venus s'imbriquer:

Fanchon, quoique bonne chrétienne,
Fut baptisée avec du vin;
Un Allemand fut son parrain,
Une Bretonne sa marraine;
Ah ! que son entretien, etc.

Un jour le voisin la Grenade
Lui mit la main dans son corset,
Elle riposta d'un soufflet
Sur le museau du camarade:
Ah ! que son entretien, etc.

La mélodie hp a évolué et correspond bien plus à l'air chanté actuellement.

fanchon Mentionnons une curiosité: dans l'Almanach Chantant galiniste, on la retrouve avec ces 5 mêmes couplets. L'air mentionné est le n°1073 de la Clef du Caveau. Il nous a toutefois été impossible de vérifier car la mélodie est notée avec une écriture totalement différente. Dans l'avertissement, les auteurs précisent: C'est du nouveau surtout, en ce que nos airs, sous le vêtement si simple et transparent de l'écriture en chiffres, se laissent comprendre et chanter avec une facilité merveilleuse, par quiconque possède les premières notions de la science musicale.
Cette curieuse notation est due à Pierre Galin, un professeur de mathématiques qui, rebuté par les traités musicaux, imagina un système de notation musical bien plus intuitif: les notes sont numérotées à partir de la tonique. Malheureusement, il ne récolta aucun succès; peut-être est-ce dû au fait que sa méthode de notation ne convenait que pour la voix qui n'émet qu'une seule note à la fois. Elle était malheureusement inadaptée pour les instruments qui permettent l'émission de plusieurs notes simultanées (piano, orgue, accordéon, guitare, etc.); de plus la notation du rythme semble assez compliquée.
Ci-contre, nous vous présentons la première page écrite à l'aide de cette notation chiffrée.


En conclusion, il est vraisemblable qu'effectivement la mélodie originale était bien celle de la clé du caveau, mais le timbre s'est très fortement modifié et déformé au fil des ans.
Signalons que ce même air a été utilisé dans plusieurs chants maçonniques.

Dès l'origine, allusion est faite au bouchon (nom populaire du cabaret) et Fanchon nous apparaît comme une cantinière. Mais après la guerre de 1870, cette chanson de soldats est devenue un air à boire: en témoigne la transformation en Bourguignon du parrain qui, à l'origine, était Allemand, ainsi que l'omission habituelle du couplet sur le voisin La Grenade.

D'après des notes de travail de l'édition 1984 des Fleurs du Mâle, Club-acacia,
Chansons nationales et populaires de France t.1 page 55 par Dumersan et Noël Ségur,
Chansons profanes utilisées par le chansonnier maçonnique et
recherches personnelles



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