Ma femme est morte

Chanson tourangelle


Voir la version canadienne

Harmonisation : Robert Ledent 
Mp3 : Chorale de l'ULB 
Voir la partition

femme



L'illustration est extraite de Chansons Cochonnes
Chansons estudiantines traditionnelles adaptées en bandes
dessinées par L-M CARPENTIER - MALIK - JIDÉHEM - KOX
couleurs LAURENT album 48 pages cartonné couleur
format 22-29cm publié aux
Editions Topgame



1. Jean l'autre soir en montant l'escalier (bis)
Trouva sa femme étendue sur l' palier (bis)
Ohé portier! ma femme est morte;
Venez venez vit' venez vit' la chercher,
Ou bien j' la fous derrièr'' la porte

Car c'était ell' qui faisait le chahut à la maison
La guenon, la poison,
Elle est morte!
Ell' ne mettra plus de l'eau dedans mon verre
La guenon, la poison,
Elle est morte!

2. Lors Jean s'en fut réveiller les copains (bis)
Fit tant d' potin, qu'il fit lever Martin: (bis)
Eh les copains! Ma femme est morte!
C'est moi qui vous paie la goutt' demain matin
Si vous venez lui faire escorte

3. Lors Jean s'en vint trouver Monsieur l' curé (bis)
Qui ronflait fort sous son bonnet carré: (bis)
Ohé, curé! Ma femme est morte!
Donnez, donnez-lui toutes vos oraisons
Et puis que le diable l'emporte

4. Lors Jean s'en fut trouver le fossoyeur (bis)
Qui dans un' tomb' dormait à la fraîcheur: (bis)
Oh fossoyeur! Ma femme est morte!
Creusez, creusez vite un trou large et profond
De peur que la garce n'en sorte

5. Puis moult oignons Jean s'en fut acheter (bis)
Pour qu'en son deuil on le vit bien pleurer (bis)
Ohé fruitier! Ma femme est morte!
Donnez, donnez-moi des oignons bien dorés
Pour que je la pleure en la sorte

6. Lors Jean s'en vint retrouver sa moitié (bis)
Sa garc' de femme avait ressuscité: (bis)
O Aglaé, tu n'es pas morte!
Ell' lui répondit, le pot d' chambre à la main
"Voici la tisan' que j' t'apporte"

Et comm' toujours je ferai le chahut à la maison
Ta guenon, ta poison
N'est pas morte!
Je mettrai encor' de l'eau dedans ton verre
Ta guenon ta poison,
N'est pas morte!



digue

32 Chansons à boire, éd.Grimaud



La chanson est une des plus anciennes. Voici une version datant de 1560.

1. Je m'y levay par un matin,
Je m'y levay par un matin,
Trouvis ma femme morte;
Jamais plus grande joye au coeur n'uz
Quand la vis en la sorte:

Je ne fermeray jamais mon huys,
Ny fenestre ny porte;
N'y mettrai plus d'eau en mon vin,
Puisque ma femme est morte



2. Dieu m'a en pitié regardé,
Et mon bien est fort amandé,
Puisque ma femme est morte ;
Je prie à Dieu de paradis
Que jamais n'en resorte :

3. Nous manderons nostre fossier,
Nous manderons nostre fossier,
Qu'il luy face une fosse,
Et qu'il la face si avant
Que jamais ne resorte :

4. Des ongnons me fault achepter
Pour mieux mes yeux faire pleurer.
Faisant bonne grimace,
Et le deuil je ferai porter
D'un bonnet d'esquarlate :

5. Un beau service luy ferons,
Et à nostre curé dirons
Qu'il chante à pleine gorge,
Et sur sa fosse danceray,
De peur qu'elle ne resorte:

6. Du deuil de la femme que j'ay,
Le courroux j'en avalleray
Avec belle moustarde;
Je chanterai gaudeamus
Les deux pieds dessoubz la table :

7. En revenant du convoy,
Un mien voisin je rencontray :
- Voisin, Dieu te console !
Plaisist à Dieu de paradis
Qu'ainsi fust de la nostre !

8. Tous noz voisins m'y fault mander,
Car c'est pour nous remarier.
Que l'on m'en baille une autre,
Qu'elle n'ait point le coeur si gros
Ainsi comme avoit l'autre :

Nous n'avons pu consulter l'original, mais d'après Moriz Haupt (dans Französische Volkslieder, 1877) et J.-B. Weckerlin (dans L'ancienne chanson populaire en France, 1887) elle figure dans La suite du quatriesme livre des chansons, ou sont comprinses plusieurs belles chansons, non encores imprimées jusques à présent. A Paris, chez la veufve N. Buffet, près le collège de Reims, 1560, in-12.
Faisons leur confiance.

Nous avons retrouvé la mélodie en 1615. Elle figure dans l'un des volumes Recueil des plus beaux airs... publié en 1615 à Caen par Jacques Maugeant.


Après près de quatre siècles, on la retrouve, très peu modifiée, dans un arrangement de François Betti publié en 1935 aux éditions Paul Beuscher avec quelques variantes.

1. Jean l'autre soir montant son escalier (bis)
Trouva sa femme étendue sur l'palier (bis)
Voisins : ohé
Ma femme est morte
Venez, venez vite, venez vit' la chercher
Sans quoi j'la fous derrièr' la porte

Car c'était elle qui faisait le tapage à la maison
Maintenant : la poison ! elle est morte!
Ell' ne mettra plus de l'eau dans mon verre
Car maintenant la poison elle est morte !



2. Jean bien saoulé montant son escalier (bis)
Crut voir sa femme étendue sur l'palier (bis)
Parlé : Messieurs du guet !
Réponse : qui va là ?
Ma femme est morte
Montez montez vite la ramasser
Sans quoi je la flanque derrière la porte,

3. Puis Jean gueulant réveilla ses voisins (bis)
Fit tant de potin qu'il vit lever Martin (bis)
Parlé : Ohé Martin
Réponse : quoi qui n'ya ?
Ma femme est morte
Je vous paie la goutte à tous demain matin
Si vous venez lui faire escorte

4. Puis moult oignons Jean s'en fut acheter (bis)
Pour qu'en son deuil on le vit bien pleurer (bis)
Parlé : Ohé ! fruitier
Réponse : voilà ! voilà !
Ma femme est morte
Donnez donnez vite des oignons bien dorés
Pour que je la pleure en la sorte

5. Puis Jean s'en fut réveiller le curé (bis)
Qui ronflait fort sous son bonnet carré (bis)
Parlé : Monsieur le Curé !
Réponse : Nom de Dieu qu'est-ce qui ya ?
Ma femme est morte
Venez venez vite lui dire vos oraisons
Et puis le diable l'emporte.

6. Puis Jean s'en fut trouver le fossoyeur (bis)
Qui dans une fosse dormait à la fraîcheur (bis)
Parlé : Ohé ! fossier !
Ma femme est morte
Creusez, creusez vite, un trou, large et profond
Afin que la garce n'en sorte

7. Auprès de sa femme Jean était retourné (bis)
Mais la sale bête était ressuscitée (bis)
Parlé : Eh ! Mais ! Aglaée - Réponse : quoi qui n'ya ?
Tu n'es pas morte
Elle répondit le pispot à la main
Tiens ! V'là la tisane que j't'apporte.

pf
Et comme toujours je ferai le tapage à la maison
Car vois-tu ta poison n'est pas morte
Et je mettrai cette eau dedans ton verre
Car maintenant ta poison
N'est pas morte.


Elle a été interprétée dans les années 20 par Gaston Trémolo et reprise par Marcelle Bordas (1897-1968), une chanteuse réaliste parisienne, qui eut son heure de célébrité avant la 2e guerre mondiale.


La torrieuse

Retour à la version européenne

1. Par un beau matin, j' me suis levé. (bis)
Chez le voisin je m'en suis allé. (bis)
"Oyé, ma femme est morte
Venez la visiter mais restez à la porte"

C'est elle qui mettait du tapage dans la maison,
La torrieuse est morte
Elle mettra plus d'eau dans ma boisson
Que l'diable l'emporte.


2. Par un beau matin, j' me suis levé (bis)
Chez le Curé, j' m'en suis allé. (bis)
"Curé, ma femme est morte
Venez chanter opéra, mais chanter lui à la porte"

3. Par un beau matin, j' me suis levé. (bis)
Chez le fossoyeur, j' m'en suis allé. (bis)
Parlé: "Fossoyeur, ma femme est morte,
Creusez sa fosse assez creux
Pour que jamais qu'ell' n'en sorte"

4. Par un beau matin, j' me suis levé. (bis)
Chez Lucifer, j' m'en suis allé. (bis)
Parlé: "Lucifer, ma femme est morte
Mettez-la pas parmi les autres
Pour jamais qu'ell' n'en sorte"

Oui!... Que l'diable l'emporte!.

Encore une chanson qui a changé de nom et aussi de musique !
Au Québec, on retrouve "Ma femme est morte" sous le titre "La Torrieuse", un terme argotique pour désigner une garce. Elle est également connue sous le nom "Que le diable l'emporte".
Nous vous proposons un extrait (reconstitué) de l'interprétation par un groupe nommé La bottine souriante 
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