Le duc de Bordeaux
Harmonisation
: Robert Ledent
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1. Le duc de Bordeaux ressemble à son frère, Son frère à son père et son père à mon cul; De là je conclus qu' le duc de Bordeaux Ressemble à mon cul comme deux gouttes d'eau. 2. Le duc de Chevreuse ayant déclaré Que tous les cocus devraient être noyés, Madam' de Chevreuse lui a demandé S'il était certain de savoir bien nager. 4. Le roy Dagobert a un' pine en fer, Le bon Saint-Eloi lui dit: "Eh bien! mon roi, Si vous m'enculez, vous m'écorcherez" "C'est vrai, dit le roi, j'en f'rai faire un' de bois". 6. Chasseur as-tu vu le trou de mon cul? Si tu veux le voir, tu reviendras ce soir; Moi, j'ai vu le tien, je n'en ai rien dit, Si tu vois le mien, tu n'en diras rien. |
Taïaut Taïaut Taïaut! Ferm' ta gueule, répondit l'écho. 3. Madam' la duchesse de la Trémouille, Malgré sa pudeur et sa grande piété, A patiné plus de paires de couilles Que la Grande Armée n'a usé de souliers. 5. J'emmerde le roy et le comt' d'Artois, Le duc de Berry et la duchesse aussi; Le duc de Nemours, j' l'emmerde à son tour Le duc d'Orléans, je l'emmerde en mêm' temps! 7. La p'tite Amélie m'avait bien promis Trois poils de son cul pour en faire un tapis; Les poils sont tombés, l' tapis est foutu, La p'tite Amélie n'a plus d' poil à son cul. |
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8. La bite à papa qu'on croyait perdue, C'était la p'tit' bonn' qui l'avait dans les fesses; La bite à papa n'était pas perdue, C'était la p'tit' bonn' qui l'avait dans le cul. |
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En fait, il s'agit d'une chanson très ancienne qui a grandi et s'est développée au fil des ans ! Les deux premiers couplets semblent originaux; les autres sont manifestement postérieurs. En effet, on retrouve le premier couplet dans le tome 2 des Lettres historiques et galantes, de deux dames de condition publié en 1733. Ce texte daterait en 1695, mais nous n'en avons pas retrouvé la trace originale. Il est également repris dans le Recueil dit de Maurepas à la page 201 du volume II . Cliquer sur les encadrés pour agrandir Cette chanson aurait été "celle que Madame la Duchesse [de Bourgogne] fit au sujet de la Duchesse de Montfort, fille de Philippe de Courcillon, Marquis de Dangeau". Saluons au passage la haute valeur pédagogique de ce couplet qui nous apprend par l'exemple, le syllogisme et sa transitivité. Cela n'a pas échappé au grammairien belge Marc Wilmet, auteur de la Grammaire critique du français, (De Boeck Université,2003). Il écrit à la page 519, dans le chapître 9 consacré à la phrase et plus précisément dans la section 3.2.1.2. Verbes transitifs et verbes intransitifs: Le Marquis de Dangeau eut, de son premier mariage, une fille Marie-Anne-Jeanne de Courcillon qui épousa en 1694 Honoré Charles d'Albert, Duc de Luynes, fils aîné du Duc de Chevreuse et connu sous le nom de duc de Montfort. De cette union naquit Charles Philippe d'Albert (1695-1758) qui devint par donation de son père, Duc de Chevreuse et par la suite Comte de Dunoy et de Monfort. Ceci explique peut-être l'intervention du Duc de Chevreuse dans le deuxième couplet. Mieux encore. On trouve l'idée du deuxième couplet dans une oeuvre anonyme, datée de 1711(?) et publiée par Jean Neaulme, à La Haye:
Last but not least ! Le thème du troisième couplet se trouve déjà dans Le Parnasse satyrique du Sieur Théophile (de Viau) daté de 1622. Il s'agit d'une épitaphe. Bien entendu, vu la référence à la Grande Armée, le texte actuel est une adaptation post-napoléonienne. Bref, la chanson s'est enrichie peu à peu au cours des siècles. On nous signale que l'air de cette chanson semble dériver d'une sonnerie de trompe de chasse intitulée La Dampierre, composée par Marc-Antoine, marquis de Dampierre (1676-1756), Premier Gentilhomme des Chasses et Plaisirs du Roi. Sitôt cet air créé, la voix populaire s'empressa de "rendre hommage" à son créateur en y adaptant ces paroles :
Dans le volume 2 de l'Anthologie hospitalière et latinesque, on trouve sous le titre "Air de Chasse" 3 couplets assez proches: pp.27, 321 et 347; ils correspondent à nos couplets 1, 6 et 4. En France, on trouve également cette chanson sous un autre air et un autre titre Les Psaumes; les couplets sont fort semblables. Cette chanson est devenue un véritable classique ! Georges Brassens y fait allusion dans la Vénus callipyge (1964):
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Le légionnaire
Harmonisation
: Xavier Hubaut
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1. Il est sur la terre africaine, Un régiment dont les soldats, dont les soldats Sont tous des gars qu'ont pas eu d' veine, C'est la légion et nous voilà, et nous voilà! Pour ce qui est d' la discipline, Faut êtr' passé par Biribi par Biribi! Avoir goûté de la praline, Et travaillé du bistouri du bistouri 2. J'ai vu mourir un pauvre gosse, Un pauvre goss' de dix-huit ans, de dix-huit ans Fauché par les balles féroces Il est mort en criant maman, criant maman! Je lui ai fermé les paupières, Recueilli son dernier soupir, dernier soupir! J'ai écrit à sa pauvre mère, Qu'un légionnair', ça sait mourir, ça sait mourir. |
Et on s'en fout et après tout Qu'est-ce que ça fout, out, out, out? En marchant sur la grand-route, Souviens toi oui souviens toi ah! ah! ah! Les anciens l'ont fait sans doute, Avant toi oui avant toi, ah! ah! ah! De Gabès à Tataouine, De Tanger à Tombouctou, ou, ou, ou! Sac au dos dans la poussière, Marchons les légionnaires 3. Et puisqu'on n'a jamais eu d' veine, Pour sûr qu'un jour, on y crèv'ra, on y crèv'ra! Sur cett' putain d' terre africaine, Enterrés sous le sable chaud, le sable chaud! Avec pour croix un' baïonnette A l'endroit où l'on est tombé, on est tombé! Qui voulez-vous qui nous regrette, Puisqu'on est tous des réprouvés, des réprouvés? |
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Un aimable correspondant que nous remercions, nous a transmis les informations suivantes. Cette chanson est inspirée par Le bataillonnaire la chanson des Bat'd'Afs, bataillons (légers) d'Afrique où étaient affectés ceux qui accomplissaient une peine de prison (sauf, en principe, pour crimes de sang) et dont c'était la période de conscription. Ils étaient chargés du tracé et de l'entretien des zones les plus rudes du Sahara, plus particulièrement dans le Sud Tunisien. La vie y était telle que ces bataillons furent finalement supprimés. C'était une arme en soi, et non un "supplément" disciplinaire à la Légion.
Petit glossaire: Joyeux : nom que se donnaient, par ironie, les bataillonneurs. Centrale : prison "centrale" où les condamnés accomplissaient leur peine. Gabès, etc : villes de Tunisie dont Tataouine est restée la plus célèbre (avec Biribi, non cité), et plutôt bagne militaire. Les deux premiers couplets datent de la fin du XIXème et le troisième couplet a été ajouté peu après la Seconde guerre mondiale. Elle se chante en accentuant les assonances et rimes féminines : -ne, -le, etc qui renforcent la cadence. On trouve ainsi, après la guerre, cette chanson sous la forme suivante:
Voici à présent une version bien plus moderne: "Parachutistes" intitulée "En passant par la portière". C'est probablement le premier chant para car le cimetière de Maison-Blanche à Baraki près d'Alger était l'endroit où la 602e Compagnie d'Infanterie de l'Air, ancêtre du 1er RCP, enterrait ses morts. Elle y tint garnison à partir de 1937. Si le parachutiste sait affronter le danger avec courage, la peur, cette vieille compagne est toujours présente. Particulièrement au moment de s'élancer dans le vide, car il sait que la chute peut être fatale. L'humour est alors un bon moyen de surmonter la peur qui saisit même les meilleurs à cet instant.
D'après l'Anthologie du chant militaire français, parue aux éditions Grancher en 2000. On trouve également une version, assez triste, de ce chant chez les sous-mariniers:
En Belgique, quatre "poètes" de la Corporatio Bruxellensis! (Hubinon, Gilliard, Bidaine et Crevecoeur) ont écrit une version typiquement belge intitulée Le VMO, chanson comique, qu'il faut éviter de chanter dans le Nord du pays; le VMO (Vlaamse Militante Orde) est une organisation qui n'a guère le sens de l'humour.
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Le fils père
Paroles: Georgius - Musique: Pierre Chagnon
Michèle Bernard:
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1. Il était beau il s'app'lait Jul's Il n'avait pas encor fauté, Quand un beau soir au crépuscule Par le désir, il fut hanté Juste à ce moment, un' brunette Qui descendait de l'autobus Lui dit: "Viens-tu dans ma chambrette? J'habite au quartier Picquepus" Amour, amour, tu fais fair' des folies Amour amour, tu nous fais bien du mal |
Il soupira: "Si je faute, ma mie, M'épous'ras-tu?" "Oui, dit-ell' c'est fatal !" Mais quand il s'eut donné bêt'ment Elle lui dit: "Maint'nant, va-t-en" Et le j'ta hors de sa maison Sans lui rendre son pantalon C'est alors qu'il comprit Sa honte et sa misère, Un malaise le prit Jul's était fils-e-pè-ouè-ouè-ouè-re ! |
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2. Afin d' dissimuler sa faute Il prit d'affreuses précautions, Il se serra les entrecôtes Et fit élargir ses cal'çons. Mais un jour il perdit sa place, Le patron l'ayant fait app'ler Lui dit: "T'as fauté, je te chasse Faut pas d' fils père à l'atelier" Parlé: Mon Dieu! |
Pour oublier, il sombra dans l'orgie, Il but,.. du cidre et de l'Urodonal Alors à Montmartre, là-haut On l' vit rouler dans le ruisseau Pendant que d'affreux noctambules Venaient tirer l'oreille à Jul's Et de son pauvre corps Les filles abusèrent... On n'est pas respecté Quand on est un fils-e-père. |
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3. Un soir, dans un' louche officine, Il entra, décidé à tout Il vit un' femme, un' gourgandine Qui s'app'lait madam' Guettautrou Pour fair' disparaître les traces De la faute du pauvre gueux Ell' lui charcuta la carcasse En se servant d'un' pelle à feu. Parlé: Oh quelle horreur! |
Le pauvre gars faillit perdre la vie Hier, il est sorti de l'hôpital Et maintenant pâle et flétri, Le ventre et les seins pleins de plis, Sur le Sébasto on peut l' voir Il est dev'nu fils du trottoir ! Moralité: Mariez-vous, jeunes gens Avant d' vous laisser faire Ne faites pas comm' Jul's Le malheureux fils père... |
Cette chanson dont les paroles sont de Georgius, date de 1920 mais, curieusement, elle ne fut jamais chantée par son parolier.La partition précise :
L'extrait du Fils-père, que nous vous avons présenté plus haut, est chanté par Michèle Bernard sur l'air original de Pierre Chagnon. |
La femme au morpions
musique: d'Ernest Dumont
Georgette Plana
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C'est la femme aux morpions, Cell' qui s'gratt' le con Bien qu'ell' soit bell' gosse Tous ceux qui l'ont baisée Ne peuvent plus bander Pour un' pièc' de vingt ronds Ell' suc' sans façon Les pin's les plus grosses La reine du suçon, C'est la femme aux morpions. |
Quand j' l'ai rencontrée la femme aux morpions, C'était dans un bal, près des Butt's Chaumont, Au son d'un piano mécanique Qui f'sait plus d'bordel que d'musique J'invitai la môme à faire un tango; Son peignoir ouvert laissait voir sa peau Et d'vant cett' superbe poule Je faillis perdre la boule Quand je la baisai sur son escalier Le voisin du d'ssous se mit à chanter. |
| La parodie d'une chanson de 1912 intitulée La femme aux bijoux dont les paroles sont de Ferdinand-Louis Bénech et la musique d'Ernest Dumont. Elle a été créée par Marcellys et reprise par de nombreux interprètes: Damia, Anny Flore, Aimé Doniat, René de Godewarsvelde et l'extrait présenté plus haut est interprété par Georgette Plana. |
Conseils d'une putain à sa fille
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1. Tu vas donc quitter la famille Pour t'engager dans un boxon; Je ne t'empêche pas ma fille Puisque c'est là ta vocation Ecout' les conseils d'une mère Qui avant toi fit le métier: Tu n'as jamais connu ton père C'était peut-êtr' tout le quartier |
Adieu, fais toi putain, Va t-en gagner ta vie Adieu, fais toi putain, Va-t en gagner ton pain |
2. Évite surtout la vérole, Chancres poulains et caetera Et ne crois pas sur sa parole Le baiseur qui te la foutra; Regarde bien dans sa culotte Si son vit est bien entret'nu Et retrousse bien la calotte Avant de t' la fourrer dans l' cul |
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3. Évite bien la maquerelle Et encor' plus le maquereau; Tâche de te conserver belle Et pour ça n'évite pas l'eau: Cent fois par jour, dans ta cuvette, Lave-toi l' con bien proprement Et sur la table de toilette Que l'onguent gris soit abondant. |
4. Évite bien une grossesse, Ne te laisse pas engrosser, En resserrant un peu les fesses Il n'y a guère de danger Avec cett' chèr' capote anglaise, Reçois ma bénédiction Et maintenant, baise à ton aise Et ne crains plus que les morpions. |
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L'origine de la chanson se trouve dans le Panier aux ordures; elle y figure sous le titre Crème des vertus, une parodie de "La Grâce de Dieu" qui se chantait sur l'air de "Tu vas quitter notre montagne". Bien que fort différent l'esprit est le même: |
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1. Tu vas partir, pauvre Marie, Pour visiter le grand Paris; Ta mère est là qui t'en supplie, Suis ses conseils et ses avis; Mais en partant, j' crains que tu n'baises Avec un muff' qui t' coll' le plomb; Prends beaucoup de capot's anglaises Avec ma bénédiction. |
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2. En arrivant dans la grand` ville, Choisis un bordel de bon goût, Ou l'on soit paisible et tranquille, Ou l'on paye dix francs par coup. Quand être sag' tu seras lasse, Tu t'échapp'ras un p'tit instant, Et pourras faire mainte passe Dont tu m'enverras le montant. | |||
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3. N' prends pas d'amant, je t'en conjure, Dans un bordel, c'est là le pis; Soigne toujours bien ta parure, Lave souvent ton clitoris. Par ces moyens tu f'ras fortune; Aprés cinq ou six ans d' labeur, Tu reviendras dans la commune Goûter en paix le vrai bonheur. |
4. Six mois aprés, sur sa parole, La pauvre enfant baisa si mal, Qu'i1 s'ensuivit une vérole Qui la foutit à l'hôpital. La pauvre mer', triste et chagrine, Les mains croisées sur son chevet, Disait: "Se peut-il qu'une pine Produise un si mauvais effet ?... |
Viens, Crème des vertus, N' fais plus jouer ton cul... A Paris, dis adieu. A la grâce de Dieu ! Adieu. A la grâce de Dieu ! (bis) |
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La parenté est évidente et la comparaison des textes est intéressante.
D'après le Professeur Hurdon (aka Jean-Charles) dans 69 chansons d'étudiants |