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Qu'est-ce qu'une valse ? Un air :
Voilà un exemple de question à choix multiple. Ce type de questionnaire est souvent utilisé pour des raisons de commodité de correction et constitue un pis-aller lorsqu'on doit interroger un très grand nombre de personnes. Nous analyserons ici la structure mathématique associée à ces QCM. Soit un questionnaire à choix multiple composé de N questions. Pour chacune des questions la personne testée a deux options: s'abstenir ou tenter d'y répondre; dans ce cas deux possibilités: se tromper ou répondre exactement. Des notes sont attribuées pour chaque question. Soit v le nombre de points pour une réponse exacte, f le nombre de points (éventuellement négatifs) pour une réponse fausse et a le nombre de points pour une abstention. Il est raisonnable de supposer que f < a < v. Les valeurs que l'on attribuera à ces trois grandeurs sont très subjectives; le démagogue donnera 0 pour une réponse fausse, ce qui lui permettra de donner une note positive à une feuille blanche! Il sera peut-être plus raisonnable de donner 0 pour une abstention (puisque la réponse est vide!).
Quoi qu'il en soit, on peut toujours ajouter un même nombre aux notes f, a, v (faire une translation) de telle sorte que a = 0; cela ne modifiera pas le classement des individus testés. De plus on peut également choisir de prendre f = -1 (effectuer une homothétie de centre 0). Comment représenter les différents questionnaires ? Le problème dépend de deux paramètres (les trois nombres F, A et V sont liés par la relation V + A + F = N) et est donc représentable dans un plan. Mais quel plan? Le plan (A, F), le plan (V, F) ou le plan (V, A)? On hésite. Peut-être le plus réaliste est de ne pas tenir compte des abstentions (comme lors des élections) et de choisir (V, F); bien que... On peut raisonner autrement. On est en présence de trois variables F, A et V, donc un questionnaire est représenté par un point de l'espace à 3 dimensions. Mais ces 3 nombres F, A et V sont liés par la relation V + A + F = N.
Voici, par exemple une représentation des réponses possibles dans le cas d'un QCM de 5 questions. Revenons à notre problème. La note obtenue vaudra vV + aA + fF, c'est-à-dire une fonction linéaire des trois variables; on voit tout de suite que vV + aA + fF = c est l'équation d'une droite. Il en résulte que si l'on fait varier c on obtient une famille de droites parallèles (s'il n'en était pas ainsi une même copie pourrait obtenir 2 notes différentes!!!). Voici une représentation géométrique dans le cas où il y a 5 questions et où l'on attribue 2 points pour une réponse exacte, 0 pour une abstention et -1 pour une erreur. Que faut-il faire pour réussir le test? S'abstenir pour 2 questions et répondre correctement aux 3 autres, s'abstenir pour 1 question et faire au plus une erreur parmi les 4 autres, ou alors ne pas s'abstenir et faire au plus une erreur parmi les 5 questions. Que l'on réponde à 4 ou 5 questions, on voit que le "droit à l'erreur" n'est jamais que d'une seule erreur ! D'où proviennent ces paradoxes? Tout simplement du fait que les variables F, A et V ne sont pas des réels mais bien des naturels. Les points représentatifs des divers questionnaires ne constituent pas tout l'intérieur du triangle, mais bien une famille de points (disposés agréablement aux sommets d'un pavage par triangles équilatéraux). Dès lors cette discrétisation est source de phénomènes curieux et parfois paradoxaux ! |