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Il s'agit d'un petit jeu mathématique fort ancien (rien à voir avec le sudoku qui fait fureur pour l'instant) Un exemple est donné par un carré 6×6 (datant du XIIIe siècle) dont chaque rangée ainsi que chaque diagonale a pour somme 111.
Soyons plus modestes et intéressons-nous aux carrés 3×3. L'exemple le plus connu consiste à n'utiliser que les 9 premiers nombres naturels, et un résultat est par exemple:
Mais élargissons le problème en levant la condition que les nombres figurant dans ce tableau 3×3 soient des naturels, et supposons qu'ils puissent être rationnels ou m ême réels. Si l'on convient de dire que m fois un carré est simplement le carré magique dont tous les éléments ont été multipliés par m, le carré obtenu est évidemment encore magique ! Comme m peut être un rationnel ou un réel, voila bien une raison nécessaire de se libérer des naturels.
On peut écrire 8 relations entre ces 9 éléments inconnus: la somme est constante dans chaque ligne (3 équations), chaque colonne (3 équations), et sur chaque diagonale (2 équations). Grave erreur, car les relations ne sont pas indépendantes ! En écrivant la somme des éléments situés sur les 2 rangées et des 2 diagonales contenant le nombre e situé au centre du carré, c'est à dire les sommes d+e+f, b+e+h, a+e+i et c+e+g, toutes égales à k, on obtient 4k. Mais dans cette somme, chaque élément du carré apparaît une seule fois à l'exception de l'élément central e qui apparaît 4 fois. La somme de tous les éléments vaut évidemment 3k. On obtient donc 4k = 3k + 3e ou encore k = 3e Munis de cette information, essayons de construire un carré dont la constante vaut k. Nous sommes ramenés à un problème plus simple. La somme des éléments de chaque rangée et de chaque diagonale doit être nulle. Il en résulte que deux éléments symétriques par rapport au centre sont opposés. Ce carré doit être de la forme:
Mais il faut également que p + q + r = 0. De même p + s - r = 0. Les deux autres rangées n'apportent plus de nouvelles conditions.
Pour revenir au problème initial, un carré magique de constante k, il suffit d'ajouter e=k/3 à tous les éléments, et on obtient:
En nous rappelant comment multiplier un carré par un nombre et comment les additionner, tout carré magique 3×3 peut s'écrire:
et, en particulier, l'exemple de carré magique donné plus haut peut s'écrire sous cette forme avec e=5, p=3 et r=1. Voila un exemple inattendu d'espace vectoriel à 3 dimensions (muni d'une de ses bases). |