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L'humanité est en pleine expansion ! En Chine, fin des années 60, il y avait plus de 700.000.000 d'habitants: "Sept cents millions de p'tits Chinois, et moi, et moi, et moi" chantait Jacques Dutronc. Le gouvernement chinois a dû prendre des mesures afin de stabiliser la croissance de la population, mais la tâche était difficile. En effet si la naissance d'un garçon constitue une aide, une richesse pour la famille, tout au contraire, dans la culture chinoise, la naissance d'une fille est perçue comme une charge; il faudra trouver une dot pour la marier. Il fallait limiter le nombre d'enfants. Dans l'idéal, la population se stabilise lorsque la fécondité est légèrement supérieure à 2 enfants par couple; il faut tenir compte de la mortalité infantile et de la stérilité de certains couples. Cette mesure n'a évidemment pas été respectée à la lettre, surtout pas dans les campagnes, mais elle a quand même eu un effet bénéfique sur la croissance de la population (à comparer la Chine et l'Inde, par exemple) Certains ont crié casse-cou ! En effet il y aura trop de garçons. Les familles auront droit à deux essais pour avoir un garçon ! Mais les Chinois sont bons mathématiciens et avaient choisi cette règle en tenant compte qu'il ne fallait pas déséquilibrer le rapport des sexes dans la population. Voyons ça de plus près. Nous devrons préciser les hypothèses, notamment celle-ci: un couple ayant donné naissance à une fille voudra toujours un deuxième enfant dans l'espoir d'un garçon tant attendu. Simplifions d'abord le problème en supposant qu'il y a la même probabilité d'avoir à la naissance un garçon ou une fille.
L'erreur serait évidemment de considérer qu'il y a autant de familles de chaque type ! Il y a évidemment autant de familles de type 2 que de type 3. Ce sont celles qui ont eu comme premier enfant une fille. Soit N le nombre de telles familles (type 2 ou type 3), donc au total il y a 2N familles de ces types. Il en résulte qu'il y a autant de familles (2N) qui ont eu comme premier enfant un garçon. Nous arrivons donc à la répartition: ![]() Reprenons le calcul dans la situation plus réaliste où la probabilité d'avoir un garçon est légèrement plus grande que celle d'avoir une fille. Soient g la probabilité de donner naissance à un garçon et f celle de d'avoir une fille. Evidemment on a g + f = 1. On constate donc que, compte tenu des hypothèses, les proportions relatives garçons/filles ne sont aucunement modifiées. Nous avons supposé que tous les couples qui ont une fille voulaient avoir un deuxième enfant dans l'espoir d'avoir un garçon. On pourrait se poser la question de savoir ce qui se passerait s'il n'en était pas ainsi. Supposons que la proportion de couples qui veulent avoir un deuxième enfant ne vaille pas 1 mais soit égale à k. Calculons les nouvelles espérances: On constate que dans cette hypothèse, la conclusion reste la même. Le rapport garçons/filles ne sera pas modifié. Après tous ces calculs laborieux, on se rend compte qu'on aurait pu se les épargner. En effet le rapport garçons/filles est le même pour l'aîné d'une famille. Et pour les familles qui ont deux enfants, ce rapport est encore toujours le même pour le cadet. Alors pourquoi tous ces calculs? Ceci dit, on constate que beaucoup de familles, particulièrement dans les campagnes, ont enfreint les directives. La population chinoise a doublé et atteint 1.500 millions ! |