Il est inutile de rappeler ici le théorème de
Pythagore; signalons toutefois quelques démonstrations particulièrement élégantes.
a) démonstration dite "chinoise" représentée ci-dessous:
b) démonstration due à
Lebesgue,
basée sur la remarque que seul importe le fait que les carrés soient des
figures semblables; il suffit de remplacer les carrés par des triangles
semblables au triangle initial.
c) Cas particulier, dans le cas d'un triangle rectangle, du théorème
affirmant que les rectangles de même couleur sont équivalents (commutativité
du
produit scalaire).
d) Signalons également une
démonstration
animée.
Si on a fait choix d'une unité de longueur, le théorème devient numérique et on a
a² =
b² +
c² où
a, b, c sont les 3 nombres réels mesurant les côtés du triangle.
Chacun connaît la solution (
a, b, c) = (5, 4, 3); mais y a-t-il d'autres solutions entières? Bien entendu (10, 8, 6), (15, 12, 9)... mais on peut alors se restreindre aux solutions naturelles où
a, b, c n'ont pas de facteur commun.
Si
a² =
b² +
c² ,
a, b et c ne sont pas simultanément pairs; supposons que
b soit impair.
On peut écrire
b² =
a² -
c² = (
a + c)(
a - c); en posant
a + c = m² et
a - c = n² (et en vertu de l'hypothèse faite plus haut il doit en être ainsi) on obtient:
Remarquons que
m² et
n² diffèrent de 2
c et ont par conséquent même parité;
a et
c sont donc bien des naturels.
Pour tout couple de naturels premiers entre eux de même parité avec
m >
n, on obtient une solution (3 nombres naturels vérifiant la relation de Pythagore).
On détermine ainsi toutes les solutions naturelles.
Le théorème de Pythagore est lié à la formule
sin²
φ
+
cos²
φ = 1; on a

.
Par conséquent on a résolu le problème de la détermination des angles
dont les sinus et cosinus sont tous deux rationnels.
On a:
En divisant numérateur et dénominateur par
m² et en posant
n/
m =
t on obtient:
et on retrouve ainsi les formules donnant le sinus et le cosinus
d'un angle en
fonctions rationnelles de
la tangente de l'angle moitié.
Il est évident que si la tangente de l'angle demi est rationnelle alors les sinus et cosinus le sont également.
La réciproque nécessite un petit calcul : si
cosφ est rationnel alors
t² est également rationnel; mais si
t² et
sinφ sont rationnels alors
t l'est également.
La condition est donc nécessaire et suffisante.
Les sinus et cosinus d'un angle sont rationnels si et seulement si la tangente de l'angle demi est rationnelle.
Si l'on regarde les choses géométriquement il est évident que si
sinφ et
cosφ sont rationnels
tan(
φ/2) l'est également, puisque
tan(
φ/2) =
ut/2,
t étant l'intersection d'une droite
op de pente rationnelle avec la droite
x = 1.
Géométriquement c'est la réciproque qui nécessite réflexion.
Si
tan(
φ/2) est rationnel c'est-à-dire si les coordonnées de
t le sont,
p est un des points d'intersection de la droite
o't, à coefficients rationnels, avec le cercle.
Mais les coordonnées des points d'intersection sont données par une équation du 2ème degré à coefficients rationnels dont une des racines (correspondant à
o') est rationnelle; par conséquent l'autre l'est également.
La condition est bien nécessaire et suffisante.
Cet exemple montre combien il est utile d'étudier un problème sous différents "angles".
Dans la question que nous avons traitée, la condition est évidemment suffisante lorsqu'on voit les choses algébriquement; elle est tout aussi évidemment nécessaire lorsqu'on adopte une vision géométrique.
Par contre algébriquement on ne voit pas immédiatement que la condition est nécessaire et géométriquement il faut un peu réfléchir pour se rendre compte qu'elle est suffisante.