Considérons le graphique de la fonction
sinx (dessiné dans le plan R², bien qu'il existe d'
autres représentations de cette fonction).
La courbe représentative présente une grande régularité et on peut sans peine recenser les isométries qui la conservent.
- Tout d'abord des translations T: la fonction est périodique de période 2π. Son graphique est donc invariant pour toutes les translations d'un multiple entier de 2π.
- Il y a plus: on remarque des symétries S d'axes perpendiculaires à Ox: ces axes sont distants d'un multiple entier de π.
- De même on remarque des symétries centrales C dont les centres sont situés sur l'axe Ox et également distants de π.
- Enfin on remarque des symétries glissées G d'axe Ox: la composante de glissement vaut π augmenté d'un multiple entier de 2π
Il est tentant de composer entre elles ces diverses isométries.
On obtient le tableau suivant:
On constate que le regroupement des isométries en 4 classes est raisonnable et que ces classes ont entre elles un comportement cohérent.
On obtient une table de composition qui ressemble à celle des isométries conservant un rectangle. Ce n'est pas un hasard !
Dans le graphique de la sinusoïde, soit un point d'abscisse
α.
- Sous l'action des translations T, nous obtenons l'ensemble des points d'abscisse α + 2kπ, ce qui correspond sur le cercle goniométrique, à des angles représentés par le même point.
- Sous l'action des symétries S, nous obtenons les points d'abscisse π - α +2kπ
- Les symétries centrales donnent les points d'abscisse -α + 2kπ
- Enfin les symétries glissées donnent l'ensemble des points π + α + 2kπ
On voit ainsi que les translations
T correspondent à la transformation identique, les symétries
S à la symétrie par rapport à l'axe vertical (passage à l'angle supplémentaire), les symétries centrales
C à la symétrie par rapport à l'axe horizontal (angle opposé) et enfin les symétries glissées
G à la symétrie par rapport au centre du cercle (passage à l'angle antisupplémentaire).
La table de composition de ces 4 transformations est la même que celle des isométries d'une sinusoïde.
Les mathématiciens disent qu'il y a un (homo)morphisme du groupe des isométries conservant une sinusoïde sur le groupe des isométries d'un rectangle; on en a fait le quotient par le sous-groupe invariant
T des translations.