L'artilleur de Metz



Arrangement : Xavier Hubaut 
Mp3 : Chorale de l'ULB 

Artilleurs, mes chers frères,
À sa santé buvons un verre
Et répétons ce gai refrain:
Vivent les artilleurs, les femm's et le bon vin !


artilleur

32 Chansons à boire, éd.Grimaud.

1. Quand l'artilleur de Metz
Arrive en garnison,
Toutes les femm's de Metz
Se fout'nt le doigt dans l' con
Pour préparer l' chemin
A l'artilleur rupin
Qui leur foutra demain
Sa pin' dans le vagin

2. Quand l'artilleur de Metz
Demande une faveur,
Toutes les femm's de Metz
L'accord'nt avec ardeur
Et le mari cornard
Voit l'artilleur chicard
Baiser également
La fille et sa maman

3. Quand l'artilleur de Metz
Change sa garnison,
Toutes les femm's de Metz
Se fout'nt à leur balcon
Pour saluer l' départ
De c't artilleur chicard
Qui leur a tant foutu
Sa pine au trou du cul



On signale souvent que la musique d'une marche militaire de l'époque de la restauration (1815-1830) fut utilisée pour composer La Galette, l'hymne de l'Ecole de Saint-Cyr.

Pourtant d'autres sources font référence à I puritani, un opéra de Bellini créé le 25 janvier 1835 au Théâtre-Italien de Paris, et au fameux duo des basses du deuxième acte, intitulé Suoni la tromba.
Qu'en est-il au juste ?

Il est incontestatable que chez Bellini, on trouve dans ce fameux duo, l'air du refrain de l'Artilleur de Metz. Vous pouvez en juger sur cet extrait du duo des basses . Par contre, il n'y a aucune trace de la musique des couplets.

Lors de la promotion d'Isly, à Saint-Cyr Coëtquidan, un chant de protestation est crée contre la suppression de la contre-épaulette, dite "galette", que portaient les élèves moyennement classés ! Pour bien comprendre cette "fronde", il faut savoir que la promotion baptisée "d'Isly", après la victoire de Bugeaud, est la dernière à porter la galette, épaulette plate de couleur bleu roi sans frange, attribuée aux élèves-mal classés, tandis que les meilleurs, "les élites", avaient droit à l'épaulette de laine rouge à frange.
Les paroles du chant sont écrites par un certain Pierre Léon Bouisset ( Léon étant son prénom usuel ) né à Lacaune le 23 décembre 1824 et élève de Saint-Cyr; en voici le premier couplet:

Noble galette que ton nom,
Soit immortel dans notre histoire,
Qu'il soit ennobli par la gloire
D'une vaillante promotion,
Et si dans l'avenir
Ton nom vient à paraître
On y joindra peut être
Notre grand souvenir
On dira qu'à Saint-Cyr
Où tu parus si belle
La promotion nouvelle
Vient pour t'ensevelir.

Le succès fut tel que ce chant est devenu l'hymne officiel de l'Ecole Spéciale Militaire.
Si Bouisset utilise incontestablement l'air du duo des basses de Bellini pour les quatre premiers vers, on ignore l'origine de l'air utilisé pour la suite (les couplets de l'Artilleur de Metz); peut-être, cet air était-il déjà présent dans la marche de 1815 dont nous n'avons hélas pas retrouvé la trace.

Cette marche, La Galette  est devenue l'hymne officiel de Saint-Cyr et figure àprésent au répertoire de toutes les fanfares militaires de France.
Signalons que le refrain  est sonné toutes les heures au carillon de Douai.

Mais dans tout cela, que vient faire l'artilleur de Metz ?
Un artilleur de Metz sculpté montrant son anatomie arrière à l'ennemi, une chanson paillarde nommé L'artilleur de Metz, pourquoi le souvenir d'un soldat si peu discipliné ?

C'est parce qu'à Metz se trouvait la célèbre Ecole Impériale du Génie et de l'Artillerie. Très avancée, très efficace, les artilleurs de Metz sont devenus un fleuron de l'armée française après la révolution. Mais s'ils furent ainsi de remarquables soldats, ils furent aussi de remarquables indisciplinés, ne supportant pas les règlements.


Dans l'Anthologie Hospitalière et Latinesque de même que dans les Chansons gaillardes et bachiques du Quartier latin, le dernier vers du refrain est remplacé par "Vive la Taupe et les Taupins". Cela pourrait faire penser une variante étudiante car en argot taupe désigne la classe de math spé (préparatoire aux grandes écoles scientifiques) et taupins ses étudiants.

Pourtant, Taupe et taupins désignaient, en argot militaire, le Génie et soldats du Génie. Comme les officiers du Génie sortent habituellement de Polytechnique, les élèves qui préparaient ce concours ont, par la suite, été appelés taupins et la classe préparatoire a pris le nom de Taupe.







La chanson du roi Albert

Arrangement : Xavier Hubaut 

1. C'était un soir sur les bords de l'Yser(e)
Un soldat belg' qui montait la faction;
Vinr'nt à passer trois braves militaires
Parmi lesquels se trouvait le Roi Albert
"Qui vive-là, cria la sentinelle,
Qui vive-là, vous ne passerez pas;
Si vous passez, craignez ma baïonnette,
Retirez-vous, vous ne passerez pas (bis)
Halte là!"

2. Le Roi Albert mit la main à la poche:
"Tiens, lui dit-il, et laisse-nous passer "
"Non, répondit la brave sentinelle
L'argent n'est rien pour un vrai soldat belg'
Dans mon pays, je cultivais la terre,
Dans mon pays, je gardais les moutons:
Mais maintenant que je suis militaire
Retirez-vous, vous ne passerez pas (bis)
Halte là!"

3. Le Roi Albert dit à son capitaine:
"Fusillons-le, c'est un mauvais sujet
Fusillons-le, passons-le par les armes
Fusillons-le, et puis nous passerons "
"Fusillez-moi, cria la sentinelle,
Fusillez-moi vous ne passerez pas,
Si vous passez, craignez ma baïonnette,
Retirez-vous, vous ne passerez pas (bis)
Halte là!"

4. Le lendemain, au grand conseil de guerre
Le Roi Albert l'appela par son nom: " Hé Julot!
Tiens, lui dit-il, voici la croix de guerre,
La croix de guerre et la décoration,"
" Ah, que dira ma douce et tendre mère,
En nie voyant tout couvert de lauriers;
La croix de guerr' pend à ma boutonnière,
Pour avoir dit: vous ne passerez pas (bis)
Halte là!"




La chanson a paru en 1918 dans le quotidien Le droit des peuples sous le titre Le Soldat belge.
On remarquera quelques différences par rapport à la version actuelle qui a été peaufinée.


1. C'était un soir, sur le pont de l'Yser.
Un jeune soldat était de faction ;
Vinr'nt à passer nos vaillants militaires
Parmi lesquels était le roi Albert.
Qui vive là ? Cria la sentinelle :
Qui vive là ? Vous ne passerez pas.
Si vous passez, craignez ma baïonnette.
Retirez-vous ! Vous ne passerez pas.
Retirez-vous les All'mands n' pass'ront pas.
Halte là !

2. La roi Albert, en fouillant dans ses poches,
"Tiens", lui dit-il, "mais laisse-nous passer.
Non, répondit le vaillant militaire,
L'argent n'est rien pour un vrai soldat belge,
Dans mon pays, je cultive la terre,
Dans mon pays, je garde les brebis
Et maintenant que je suis sur l'Yser
Retirez-vous, vous ne passerez pas.
Retirez-vous les All'mands n' pass'ront pas.
Halte là !

le soldat belge

3. Le roi Albert dit à ses camarades
Fusillons-le, c'est un vrai soldat belge :
Il nous le faut oui par ces temps d'orage,
Fusillons-le, c'est un vrai soldat belge.
Oui je suis belge, cria la sentinelle,
Oui je suis belge mais vous ne passerez pas !
Retirez-vous, vous ne passerez pas
Si vous passez, craignez ma baïonnette.
Retirez-vous les All'mands n' pass'ront pas.
Halte là !

4. Le lendemain, devant l' conseil de guerre
Le roi Albert lui demanda son nom
"Tiens" lui dit-il "v'là l'argent de la garde,
La croix d'honneur et la décoration
Ah ! que va dire ma bonne et tendre mère
En me voyant tout couvert de lauriers
La croix d'honneur est à ma boutonnière !
Retirez-vous, vous ne passerez pas,
Retirez-vous les All'mands n' pass'ront pas.
Halte là !

Pour l'écrire, les soldats ont utilisé une chanson plus ancienne intitulée : La Sentinelle du Pont Henri IV.
En voici le texte communiqué par J.-Cl.Broché (Le Soir, jeudi 9 mars 1995, page 25).

1. Un jeune soldat sur le pont Henri IV
Pendant la nuit faisait la faction ;
Vinr'nt à passer trois jeunes militaires
Entre lesquels le grand Napoléon
"Qui vive là ? " cria la sentinelle,
"Qui vive là ? vous ne passerez pas !
Retirez-vous ! Craignez ma baïonnette !
Retirez-vous, vous ne passerez pas, halte là !

2. Napoléon, en fouillant dans sa poche,
"Tiens", lui dit-il, "et laisse-nous passer !"
"Non, non," répondit le brave militaire,
"L'argent n'est rien pour un soldat français !
Dans mon pays, je labourais la terre,
Dans mon pays, je gardais les dindons
Mais maintenant que je suis militaire,
Retirez-vous, vous ne passerez pas, halte là !

3. Napoléon dit à ses camarades
"Fusillons-le, c'est un mauvais sujet.
Dépouillons-le pendant ce temps d'orage,
Fusillons-le, c'est un soldat français ! "
"Je suis Français," répond le militaire,
"Je suis Français, vous ne passerez pas !
Retirez-vous ! Craignez ma baïonnette.
Retirez-vous, vous ne passerez pas, halte là !

4. Le lendemain, passant au corps de garde,
Napoléon lui demanda son nom :
"Voilà l'argent, voilà l'argent pour gage,
La croix d'honneur pour ta décoration ! "
"Que dira-t-elle, ma bonne et tendre mère
En me voyant couronné de lauriers !
La croix d'honneur ornant ma boutonnière.
Retirez-vous, vous ne passerez pas, halte là !

Cette chanson devait être très populaire, car nous en avons trouvé une variante datant de 1805. Elle est intitulée La consigne. Elle comporte cette fois 6 couplets mais les rimes ne se sont pas améliorées !...

1. Sur le pont Louis, un jeune militaire
Certaine nuit était en faction,
Quand se présente un groupe téméraire
Où se trouvait le grand Napoléon,
Qui, s'approchant près de la sentinelle,
Entend crier : Qui vive! halte-là!
Eloignez-vous, car ma consigne est telle,
Eloignez-vous, vous ne passerez pas.

2. Il s'approcha, le père de la France,
En lui disant : Ne pourrai-je passer?
Regarde-moi, recule à ma présence,
Reconnais donc un général anglais.
- Non, non, dit-il, d'une voix redoutable.
Retirez-vous, vous ne passerez pas;
Soyez Anglais, soyez même le diable,
Retirez-vous, vous ne passerez pas.

3. Napoléon, se voyant sans ressource.
- Tiens de l'argent et laisse-moi passer.
- Non, non, dit-il, retirez-votre bourse,
L'argent n'est rien pour un soldat français;
Dans mon hameau je labourais la terre,
Dans mon hameau je gardais les brebis,
Mais à présent que je suis militaire,
Je veux rester fidèle å ma patrie.

4. Napoléon dit à ses frères d'armes,
- Désarmons-le, puisque c`est un Français
Dépouillons-le, retirons-lui ses armes,
S'il ne veut pas nous laisser avancer.
- Je suis Français, le soldat lui répète,
Je suis Français, vous ne passerez pas;
Je suis Français, craignez ma baïonnette.
Je suis Français, vous ne passerez pas.

5. Napoléon, tournant alors ses bottes :
- C'est un gaillard qui n'entend pas raison;
Il pourrait bien nous percer les culottes
Et nous faire changer de garnison.
Le lendemain, étant au corps-de-garde,
Napoléon lui demanda son nom.
- Tiens, mon ami, prends cet argent pour boire.
La croix d'honneur pour décoration

6. Oh! quelle joie pour le cœur de ta mère,
En te voyant couronné de lauriers,
Le ruban rouge orne la boutonnière.
La croix d'honneur brillant à ton côté;
Que diront-ils les gens de Ion village,
Car tous viendront en cercle auprès de toi
Tu leur diras avec même courage :
Regardez-la, mais ne la touchez pas.

Surtout chantée à Liège, on ignore la raison pour laquelle elle est passée dans le folklore estudiantin belge.
Précisons qu'il s'agit du roi Albert Ier; jusqu'en 1993, il n'y avait pas eu d'autre roi Albert en Belgique.







Brigadier, vous avez raison!

air: Pandore (Gustave Nadaud)


1. Deux gendarmes, un beau dimanche,
S'astiquaient le long d'un sentier
L'un branlait une pine blanche,
Et l'autre un vit de cordonnier
Le premier dit d'un ton sonore
Je veux t'enculer, mon garçon!

Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison!
Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison!


2. Lorsque dans ton cul je tripote,
Ce n'est pas sans difficulté!
Je dois garantir ma culotte
D'une foule de saletés
Pourtant l'épouse qui m'adore
Se branle seule à la maison

3. Mes amours sont capricieuses:
Un con rosé ne me plaît pas
Pour moi, tes deux fesses merdeuses
Ont plus de charm's et plus d'appas;
Je me fous de ce météore
Qui de pucelage a le nom

4. Puis il se fît un grand silence
Et, fier soldat, dans son transport,
Le nez sur le cul qu'il encense,
Le brigadier tombe et s'endort
Soudain, un pet peu inodore
Le tira de sa pâmoison:

Nom de Dieu! vous pétez, Pandore!
Brigadier, vous avez raison!





Il s'agit d'une parodie de Les deux gendarmes, chanson écrite, paroles et musique, par Gustave Nadaud (Roubaix 1820 - Passy 1893) en 1852. Elle a été interdite sous le règne de Napoléon III.

En voici le texte original:

pandore1
pandore2

Cette parodie a notamment été interprétée en 1908 par Charlus, puis reprise par Paul Lack, Stello.







Le gendarme de Redon


Voir la version "soft"
MP3 : Tonus 

1. Il était un gendarm', gendarme de Redon (bis)
Qui n'avait pas l'audac' de p'loter les nichons

Et ron et ron ma lurette
Et ron et ron mon luron


2. Qui n'avait pas l'audac' de p'loter les nichons (bis)
Un' bell' lui dit: "Jean Foutr' commenc' par les talons

3. ... Et tu remonteras de la cuisse au cuisson

 
4. ... Mais la garc' qu'était chaud' mit d'la poix à son con

5. ... Et quand il la baisa, il s'colla les roustons

6. ... Si tu veux les ravoir, faudra payer rançon

7. ... Cent écus pour ta pin', autant pour chaqu' rouston

8. ... Et si tu n' les paies pas, nous te les couperons

9. ... Ils serviront d'enseigne à la port' d'un boxon

10. ... Et les passants diront: "Voilà les couill's d'un con"




Redon est une petite commune française d'Ille-et-Vilaine en Bretagne.

Sa devise: Redon, petite ville grand renom proviendrait-elle de son gendarme ? Il est permis d'en douter.




Le gendarme de Redon

Adaptation : Bernard Gatebourse

Retour à la version "traditionnelle".


1. Il était un gendarm', gendarme de Redon (bis)
Qui n'avait pas l'audac' d' rencontrer la Fanchon

2. Qui n'avait pas l'audac' d' rencontrer la Fanchon (bis)
La bell' lui dit: "Jean Foutr' commenc' par les buissons

3. ... La fille était rusée, mit d' la poix à son front
 
4. ... Et quand il l'embrassa, y s'colla ses ch'veux longs

5. ... Si tu veux les ravoir, faut payer la rançon

6. ... Cent écus pour ta pein', autant pour tes ch'veux longs

7. ... Et si tu n' les payes pas, nous te les couperons

8. ... Ils servrons d'enseigne à la pot' d'un salon

9. ... Et les passants diront: "Voilà des ch'veux bien longs"







Le grenadier de Flandre

Voir la version canadienne
Arrangement : Xavier Hubaut 

1. C'était un grenadier
Qui revenait de Flandre
} (bis)
Qu'était si mal vêtu
Qu'on y voyait son membre

Le tambour bat
La générale
La générale bat
Ne l'entendez-vous pas?
La générale bat
Le régiment s'en va


2. Qu'était si mal vêtu
Qu'on y voyait son membre
} (bis)
Un' dam' de charité
L' fit monter dans sa chambre

3. ...Allum' cinq, six fagots
Pour réchauffer le membre

4. ...Quand le membre fut chaud
Il se mit à s'étendre

5. ...Aussi long que le bras
Aussi gros que la jambe

6. ..."Dis-moi, beau grenadier
A quoi te sert ce membre?"

7. ..."Il me sert à pisser
Quand l'envie m'en vient prendre"

8. ...Et aussi à baiser
Quand l'occasion s' présente"

9. ..."Eh bien! beau grenadier
Fous-le moi donc dans l' ventre !"

10. ..."Ah! non, non, non, Madame
J'aurais peur de vous fendre !"

11. ..."Fendue ou non fendue
Il faut que tout y entre!"

12. ...S'il en reste un p'tit bout
Ce s'ra pour la servante"

13. ...S'il n'en rest' pas du tout
Ell' se bross'ra le ventre !

14. ...Elle ira dir' partout:
"Madame est un' gourmande"

15. ...Quand y a d'la viand'chez nous
Ell' se fout tout dans l' ventre !"




C'est l'air de cette chanson qui a été utilisé pour Le chant des Wallons !!!







Zon, zon

Retour à la version européenne


1. C'est un p'tit cordonnier
Qui revenait de France
} (bis)
L' était si mal vêtu
Qu'il montrait tous ses membres

Zon zon zon, Lisette
Oh! ma Lisette
Zon zon zon, Lisette
Oh! ma Lison


2. L' était si mal vêtu
Qu'il montrait tous ses membres
} (bis)
Une dame de charité
L' fit monter dans sa chambre

3. ...Ah dit's-moi donc Monsieur
Que faites-vous d' ce membre

4. ...J'm'en sers pour vous aimer
Si l'occasion s' présente.

5. ...Et s'il en reste un peu
Ça s'ra pour la servante.

6. ...Et s'il n'y a pas d' servante
Il le mettra en vente




Sous le titre "Zon, zon", nous retrouvons "Le grenadier de Flandre" au Québec.
La forme est assez semblable. Le grenadier a fait place à un cordonnier, et la Flandre, moins connue que chez nous, a été remplacée par la France.

Notons que, tout comme dans la version "européenne", le refrain n'a pas grand chose à voir avec le texte des couplets.

Ce refrain est dû à Gabriel-Charles de l'Attaignant (1697-1779) dans une charmante chanson:

1. Quand on a su toucher
Le coeur de sa bergère,
On peut bien s'assurer
Du plaisir de lui faire...

2. De soupirer dix ans
C'est une vieille affaire;
Aux premiers compliments
On vient à présent faire...

3. L'amour est un malin
Qui toujours nous suggère,
Près d'un objet divin,
De lui dire et lui faire...

4. Le plus joli serment,
Dans l'amoureux mystère,
Ne vous en dit pas tant
Qu'une seule fois faire...

5. En vain par vos appas,
Belles, vous savez plaire,
Si vous ne voulez pas
Vous en servir pour faire...

6. Vous avez l'oeil fripon,
Ma charmante voisine:
Si vous ne faites... zon
Vous en avez la mine...

7. On vous prend pour Vénus
En vous voyant si belle:
Il ne vous manque plus
Que de faire comme elle...

8. La vertu, dans Paris,
N'est que pure chimère
Que prêchent les maris
Pour être seuls à faire...

9. Ma mère était Vénus,
Bacchus était mon père:
Ne vous étonnez plus
Si j'aime à boire et faire...







Le beau grenadier - À Gennevilliers




Arrangement : Xavier Hubaut 
MP3 : Gaston Trémolo 

Refrain :
Ah! Ah! (ter)

1. À Genn'villiers, y a d' si tant belles filles (bis)
Mais y en a un' si parfaite en beauté
Qu'elle a séduit tambours et grenadiers (bis)

2. "Beau grenadier, monte dedans ma chambre (bis)
Nous y ferons l'amour en liberté
Dedans le bras de la volup(e)té" (bis)

3. Ils ne fur'nt pas sitôt dedans la chambre (bis)
Qu'on n'entendit que des embrassements
Dedans les bras de son nouvel amant (bis)

4. Mais l'autre amant qu'est à la port' qui bisque (bis)
Frappant du pied, levant les yeux aux cieux
Dit: "Nom de Dieu! que je suis malheureux! (bis)

5. D'avoir aimé un' si tant belle fille (bis)
Et dépensé mes ors et mes argents
Pour n'en avoir que des emmerdements! (bis)

6. J'ai bien envie de lui casser la gueule (bis)
Mais elle est femme, et je respecterai
Son sexe et c'est à l'homm' que j' m'en prendrai" (bis)

7. Sur le terrain, provoqua son rival(e) (bis)
Et dans le corps son épée a passé
Si bien passé qu'il en a trépassé (bis)

8. O jeunes fill's, l'histoir' veut vous apprendre (bis)
Que lorsqu'on a ensembl' deux amoureux
Il faut des deux se méfier un peu (bis)

9. Pour vous, jeun's gens, y a aussi un' morale (bis)
C'est qu'au lieu de regarder fair' l'amour
Mieux vaut le faire et la nuit et le jour (bis)




L'extrait musical qui est présenté plus haut date de 1931 et a été enregistré à Paris au Théâtre des Deux Ânes par Gaston Trémolo. Il fait partie d'une série de trois 78 tours intitulée: Les chansons gaillardes de la vieille France.

Mais la chanson est évidemment bien plus ancienne.
La version chantée par Trémolo est plus proche de celle que l'on trouve dans La Lanterne de Bruant d'Aristide Bruant de 1897 ; elle présente quelques variantes à partir du 5e couplet:

5. D'avoir aimé un' si tant belle fille
Et dépensé mon or et mon argent
Sans en avoir eu aucun agrément.

6. J'ai bien envi' de lui foutre une gifle;
Mais elle est femme et je respecterai
Son sexe; à l'homme seul je m'en prendrai.

7. Sur le terrain attendit son rival(e)
Et dans le ventr' son sabre y a passé,
Si bien passé qu'il en est trépassé.

8. Oh! jeunes fill's ceci doit vous apprendre
Que, lorsqu'on veut avoir deux amoureux,
Il faut des deux se méfier un peu.

Cette version est immorale; on lui a ajouté un neuvième couplet !

Pour préciser les choses: Gennevilliers est une petite ville des Hauts-de-Seine située dans la banlieue nord-ouest de Paris.







Pandore et le brigadier


Bites-moi Pandore, vous êtes bien vaginal ce matin ; où couillez-vous pédérastement en testiculant de la sorte ?

Bite, bite, Brigadier, le tampax. Je menstruelle; je m'en vais sur les foutrifications de la Bitte Montmartre
On y jouit d'un point de vulve particulièrement clitoresque sur les copulations laborieuses. Puis j'irai sur les verges fleuries de la Seine où se déroulent actuellement les fêtes Vénériennes, et j'irai à travers les chancres fleuris vers les Putes Chaumont voir les jeunes filles qui jouent au pénis avec leurs craquettes.

Bites-moi, Pandore, enculeur comptez-vous rentrer, car demain ce sont les érections ?

Ben ! j'accrocherai le vagin de queue de l'automatrice et je serai là sur les couilles de baiseur, baiseur et demie, si j'ai pas trou du cul passion.

Eh bien ! bandez bien, Pandore.

Merci, chef.




Traduisons pour le lecteur qui ne connaît pas l'accent régional de nos deux brigadiers.

Dites-moi Pandore, vous êtes bien matinal ce matin ; où courez-vous présentement en gesticulant de la sorte ?

Dites, dites, Brigadier, le temps presse. Je m'instruis là : je m'en vais sur les fortifications de la Butte Montmartre.
On y jouit d'un point de vue particulièrement pittoresque sur les populations laborieuses. Puis j'irai sur les berges fleuries de la Seine où se déroulent actuellement les fêtes vénitiennes, et j'irai à travers les champs fleuris vers les Buttes Chaumont voir les jeunes filles qui jouent au tennis avec leurs raquettes.

Dites-moi, Pandore, à quelle heure comptez-vous rentrer, car demain ce sont les élections ?

Bien! j'accrocherai le wagon de queue de la motrice et je serai là sur le coup de seize heures, seize heures et demie, si j'ai pas trop d'occupation.

Eh bien ! mangez bien, Pandore.

Merci, chef

.