Soit
Z =
Z(
z) une fonction dérivable de la variable complexe
z = x + iy. Le nombre complexe
Z peut s'écrire
X + iY. La fonction qui applique
z sur
Z se ramène à un couple de 2 fonctions réelles de 2 variables
X = X (
x, y),
Y = Y (
x, y)
Géométriquement on a une application du plan
p de la variable
z vers le plan
P de la variable
Z. Ces deux fonctions
X et
Y ne sont pas quelconques; elles satisfont aux équations de
Cauchy-
Riemann.
Pour les établir, calculons les dérivées de
Z par rapport à
x et
y; on a:
La fonction Z sera dérivable en un point si la dérivée ne dépend pas du chemin suivi. En particulier la dérivée dans une direction réelle (par rapport à x) doit être égale à la dérivée dans une direction imaginaire pure (par rapport à iy); on en déduit:
Que signifient ces relations?
Si, dans le plan
p (
x,y) nous avons une courbe
c d'équations
x = x(
t) et
y = y(
t), son image dans le plan
P (
X, Y) est la courbe
C d'équations:
X = X(
x(
t),
y(
t)),
Y =
Y(
x(
t),
y(
t)).
Le vecteur tangent à
C s'écrit:
Il est donc l'image du vecteur tangent à la courbe
c (
dx/dt, dy/dt) par l'application dont la matrice est:
Mais grâce aux relations que nous avions établies, nous voyons que cette matrice est du type:
c'est-à-dire une
matrice de similitude. En particulier les angles formés par les directions en un point sont conservés; les transformations de
p vers
P sont des transformations conformes.
Des courbes orthogonales sont appliquées sur des courbes orthogonales et en particulier les réseaux de courbes
x = x0,
y = y0 ou
X = X0,
Y = Y0. Notons enfin que les fonctions
X(
x, y) et
Y(
x, y) sont harmoniques, elles satisfont à l'équation:
Etudions à titre d'exemple la fonction appliquant
z sur son carré
Z; on a:
Z = X + iY = (x + iy)² = x² - y² + 2 ixy
Dans le plan P de la variable
Z, les courbes
X = P et
Y = Q proviennent des courbes:
c'est-à-dire de 2 familles d'hyperboles équilatères ayant pour asymptotes respectivement les bissectrices des axes et les axes eux-mêmes.
Les deux réseaux des droites orthogonales
x et
y constants sont appliqués sur les deux réseaux orthogonaux d'hyperboles équilatères.
On peut visualiser cette application de manière dynamique en considérant l'
application de z sur une combinaison linéaire de z et de racine carrée de z. De manière plus précise on applique
z sur
αz² + (1 -
α)
z avec
α variant de 0 à 1.
Inversement les courbes
x = p donnent les courbes:
c'est-à-dire des paraboles:
et les courbes
y = q donnent les courbes:
c'est-à-dire des paraboles orthogonales:
Il faut remarquer que l'élévation au carré applique les points
z et
-z sur le même point
Z; en fait le demi-plan
p est appliqué sur le plan
P, ou si l'on préfère le plan
p est appliqué sur le plan
P compté deux fois (il s'agit en fait de la surface de Riemann).
A nouveau les choses se visualisent fort bien si l'on considère l'application qui envoie
z sur une
combinaison linéaire de z² et de z; les deux réseaux de droites orthogonales
x et
y constants sont envoyés sur les deux réseaux de paraboles orthogonales.
Il est également intéressant d'étudier de la même manière les courbes associées à l'élévation aux puissances entières ou celles associées à des fonctions transcendantes, en particulier aux
fonctions sin(z) et exp(z).