Colette Renard
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Dans ce répertoire généralement réservé à des interprètes masculins, on a pourtant vu quelques artistes féminines briser les préjugés et interpréter des chansons paillardes. Citons pour le XXe siècle: Yvette Guilbert, Damia, Caroline Clerc, Marie-Thérèse Orain, Danièle Evenou, Liliane Patrick, mais surtout Colette Renard. Cette grande chanteuse dont le nom restera attaché à la comédie musicale Irma la douce, musicienne, comédienne et actrice, est une de celles qui n'hésite pas à interpréter des chansons paillardes, gaillardes et libertines. Elle y est aidée par Guy Breton qui recueille, arrange - et parfois réécrit - de nombreuses chansons paillardes. Colette Renard (de son vrai nom Colette Raget) nous les distille avec un talent sans pareil. Dans sa discographie, on retrouve sous différents titres (Chansons très libertines, Chansons gaillardes de la vieille France, Chansons gaillardes et libertines du royaume de France, Poèmes libertins du temps présent, ...) les principales chansons paillardes du folklore délicieusement chantées avec beaucoup d'humour. |
Ah! vous dirais-je Maman
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. Ah! vous dirais-je Maman A quoi nous passons le temps Avec mon cousin Eugène Sachez que ce phénomène Nous a inventé un jeu Auquel nous jouons tous les deux 3. Puis il me dit d'un ton doux: "Écarte bien tes genoux" Et la chos' va vous fair' rire Il embrass' ma tirelire Oh! vous conviendrez, Maman, Qu'il a des idées vraiment. 5. Et c'est juste à ce moment Que le jeu commenc' vraiment Eugèn' prend sa petit' bête Et la fourr' dans une cachette Qu'il a trouvée, le farceur, Où vous situez mon honneur 7. Complètement essoufflé Il essaye de l' rattraper Moi je rie à perdre haleine Devant les efforts d'Eugène Si vous étiez là Maman Vous ririez pareillement 9. Mon cousin est merveilleux Il connaît des tas de jeux Demain soir sur la carpette Il doit m'apprendr' la levrette Si vraiment c'est amusant J' vous l'apprendrai en rentrant. |
2. Il m'emmène dans le bois Et me dit: "Déshabille-toi!" Quand je suis nue tout entière Il me fait coucher par terre Et de peur que je n'aie froid Il vient se coucher sur moi 4. Puis il sort, je ne sais d'où, Un p'tit animal très doux Une espèc' de rat sans pattes Qu'il me donne et que je flatte Oh! le joli petit rat D'ailleurs il vous l' montrera. 6. Mais ce petit rat curieux Très souvent devient furieux Voilà qu'il sort et qu'il rentre Et qu'il me court dans le ventre Mon cousin a bien du mal A calmer son animal 8. Au bout de quelques instants Le p'tit rat sort en pleurant Alors Eugèn' qui tremblote Le r'met dans sa redingote Et puis tous deux nous rentrons Sagement à la maison 10. Voici ma chère Maman Comment je passe mon temps Vous voyez je suis très sage Je fuis tous les bavardages Et j'écoute vos leçons Je ne parl' pas aux garçons. |
Chacun connaît la charmante comptine dont voici le texte du couplet le plus connu :
La célèbre mélodie a souvent été attribuée à Mozart. En fait, elle date 1761 et on la trouve dans "Les Amusements d'une Heure et Demy" de Mr. Bouin. Elle serait due à Cambra et à Rameau et se trouve notée dans la Clé du Caveau sous le n°25, donc une des plus anciennes mélodies.Les premières paroles sont apparues en 1765 avec "Le faux Pas". En 1774 on publie, à Bruxelles, "La confidence naïve" et à Paris, vers 1780, "Les Amours de Silvandre" dont voici le texte.
Quelques pages plus loin (page 310) figure une autre chanson intitulée Ah! le bel oiseau, Maman. Bien que l'air ne soit pas mentionné, le timbre en est certainement le même.
Si Wolfgang Amadeus Mozart s'est vu attribuer la paternité de cette musique, c'est qu'il a composé : Variations sur "Ah vous dirais-je, Maman" (K. 265) en 1781-1782 (à l'origine daté en 1778), à Vienne, alors qu'il était âgé de 26 ans. Cette pièce a été écrite pour piano et est composée de 12 parties. La mélodie a inspiré de nombreux musiciens. On retrouve des variations dans le 2e mouvement de la Symphonie Surprise de Haydn (1791). Il semble même que Beethoven a improvisé sur ce thème dans un concert donné à Prague en 1798. Sur le même timbre, on chante également "Das ABC" ainsi que la version anglaise "Alphabet Song":
Mentionnons également la célèbre chanson enfantine anglaise "Twinkle, Twinkle, Little Star" publiée à Londres en 1806. La chanson de Colette Renard est à rapprocher de Ah ! Le bel oiseau, Maman mentionné plus haut, qui figure également dans le Le Chansonnier des joyeuses sociétés de 1854. Là encore, il n'est pas mentionné l'air sur lequel on l'interprète mais il est évident que c'est le même, car la même structure en vers de 7 pieds est identique. Signalons encore une version masculine intitulée La Confidence (Ah ! vous dirais-je, papa) parue en 1857 dans La nouvelle Gaudriole.
D'après diverses sources et notamment |
A la claire fontaine
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1. A la claire fontaine, Hier soir après dîner Y' avait trois capitaines Qui m'ont deshabillée. Il y a longtemps que je baise, Jamais, je ne m'arrêt'rai. 4. Puis, ce fut le notaire Passant sur le chemin Qui me mit son affaire Gentiment dans la main. 7. Puis, le maître d'école, A son tour est venu M'a glissé son obole Dans l'abricot fendu. |
2. Et là, sous la verdure, Tous les trois à la fois M'ont glissé leur nature Dans tous les bons endroits. Il y a longtemps que je baise, Jamais, je ne m'arrêt'rai 5. Après quoi, les gendarmes, Vinr'nt vraiment polissons Tous deux verser leurs larmes Sur mon petit gazon. 9. Quell' bell' nuit pour un' femme, Quel voluptueux gala Car comme vous mesdames, Je ne pense qu'à ça. |
3. Après les capitaines, Vint le gentil meunier, M'a pris la turlutaine Et s'en est régalé. Il y a longtemps que je baise, Jamais, je ne m'arrêt'rai 6. Là, je vis sous la lune Arriver le bedeau Qui me dit: viens ma brune, Fair' la bête à deux dos. 8. Enfin, tout le village, Par l'amour allèché, Me fit un ramonage Dont je me souviendrai. |
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A propos des "trois capitaines" voir la remarque de En passant par la Lorraine. Vous reconnaissez certainement la parodie d'une célèbre chanson française. Cette chanson très populaire dans tous les coins de France (on la retrouve en Bretagne, en Lorraine, en Champagne, en Franche-Comté, dans le Dauphiné et évidemment à la côte atlantique) fut exportée au Canada au XVIIe siècle. Là-bas, elle était chantée par les coureurs des bois lors de longs voyages en canot, et a connu, paraît-il, plus de cinq cents versions différentes, tant pour le texte que pour l'air ! La première version publiée l'aurait été par Ballard en 1704. Reprenons une des versions les plus courantes:
Ce chant, "A la claire fontaine", est également connu sous le titre En revenant des noces: |
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1. En revenant des noces, J'étais bien fatigué Au bord d'une fontaine, Je me suis reposé 3. ...Chante rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai 6. ... Pour un bouquet de roses Que je lui refusai, |
Ah! Je l'attends, je l'attends, je l'attends Celle que j'aime, que mon cœur aime Ah! Je l'attends, je l'attends, je l'attends Celle que mon cœur aime tant! 4. ...Tu as le cœur à rire, Moi je l'ai à pleurer 7. ...Je voudrais que la rose Fut encore au rosier, |
2. Au bord d'une fontaine, Je me suis reposé Sur la plus haute branche, Le rossignol chantait 5. ...J'ai perdu ma maîtresse, Sans l'avoir mérité 8. ...Que ma douce amie, Fut encore à m'aimer, |
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Parmi les différentes versions existent notamment des versions féminines. En voici l'une d'elles. Vous y verrez beaucoup de sous-entendus, le bouton de rose (le pucelage), le rossignol (l'amant), Contrairement aux apparences, ce chant possède un côté combattant et politique ; il se trouve très lié au Canada. La légende raconte que dès les premiers affrontements entre Anglais et Français sur la terre de la Nouvelle France, ce chant fut chanté par les soldats Français du marquis Louis de Montcalm. Ce dernier fut mortellement blessé le 13 septembre 1759 à cette bataille dans les plaines d'Abraham. Lors de la révolte patriote 1837, menée par Louis-Joseph Papineau et William Lyon Mackenzie, A la claire fontaine fut un hymne officieux. Mais cette révolte se solda par une victoire des Anglais ; 12 Canayens furent exécutés et le Québec ne fut pas libéré... Peu avant cette fin tragique, il y a 170 ans, le 23 novembre 1837 se déroula le combat la bataille de Saint-Denis. Deux cents patriotes s'opposèrent aux Britanniques et remportèrent la seule victoire française de cette guerre. Jules Verne a raconté ces événements dans l'ouvrage Famille-sans-nom. Nous citons:
"Cette chanson de métiers, dont les refrains varient avec les mélodies, est l'un des plus purs joyaux du répertoire populaire en France et au Canada. Arrivée au Nouveau Monde avec les colons du XVIIe siècle, elle les a escortés partout dans leurs aventures et leurs labeurs. Son rythme les a aidés à bâtir leurs demeures, à repousser les forêts, à défricher la terre, à accomplir les multiples travaux de la grange, de la boutique et de la maison..." Nous vous présentons le premier couplet d'un enregistrement de 1943 par Georges Sauvé:
D'après: Claude Rassat, Club-Acacia et Wikipedia et |
Au clair de la lune
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. Au clair de la lune, Mon ami Pierrot. Prête-moi ta plume, Mon mari est sot. Sa chandelle est morte Et manque de feu. Ouvre-moi ta porte. Pour baiser un peu. |
2. Au clair de la lune, Pierrot répondit: Je garde ma plume Pour baiser Nini. Va chez la voisine: Elle aim' s'amuser. Elle est un peu gouine, Elle a du doigté. |
3. Mais chez la voisine Y avait un mond' fou. Des chambres aux cuisines, On baisait partout. Et sur la pelouse, Des gens distingués Faisaient une partouze: C'était follement gai. |
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4. Au clair de la lune, J'entrai dans le jeu. Entourée de plumes: C'était merveilleux. J'en pris une belle Sur un rayon d'or. Ah ! quelle chandelle ! Je la sens encore. |
5. Au clair de la lune, Je fus au déduit (1). Je pris tout' les plumes, Oh ! la, la ! Quelle nuit ! Soufflées de la sorte Par le vent d'amour, Les chandell's sont mortes Au lever du jour. |
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(1) déduit = occupation procurant du plaisir, plus particulièrement du plaisir amoureux. Il s'agit évidemment de l'adaptation "gaillarde et libertine" de la chanson enfantine qui n'était pourtant peut-être pas innocente. Originaire de l'Ile-de-France et datant d'environ 1790, elle disait:
Il semble, que la mot "lume" (lumière en vieux français) qui apparaissait dans les premières versions, a été remplacé au fil du temps par le mot "plume". Cette hypothèse est étayée par plusieurs phrases: "ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu", "on bat le briquet" donc il y a de la lumière et enfin "on chercha du feu" et pas de plume ! Par contre, d'autres ont une interprétation fort différente. En effet, "on bat le briquet" est une expression courante signifiant "on y fait l'amour". Dès lors on obtient une tout autre interprétation de la "plume"; "ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu" prend également du sens, et surtout la fin "mais j'sais que la porte sur eux se ferma" laisse la porte "ouverte", si l'on peut dire, à bien des suppositions : que se passe-t-il une fois la porte fermée ?... On trouve dans un recueil paru à Lyon en 1553 un couplet qui présente une forte ressemblance :
Même si la chanson est réputée coquine, les paroles ci-dessus ne sont certes pas les plus courantes! Quant à la musique, elle est généralement attribuée à Jean-Baptiste Lulli et serait construite à partir d'un air de ballet de Cadmus (1674). Toutefois, cette origine est fort controversée, mais quoi qu'il en soit, elle était à la mode depuis 1780. D'autres sources pensent que son timbre provient d'un air de contredanse, apparu vers 1775 sous le titre de La rémouleuse et que cette chanson est une "voix-de-ville", c'est-à-dire une chanson créée dans les milieux urbains lettrés, qui ne s'étend dans les classes populaires et le répertoire enfantin que dans un second temps. Dans l'opéra "Les Voitures versées" (Le Séducteur en voyage), de François Adrien Boieldieu (1820) on trouve de charmantes variations sur cet air. Pierrot, qui a pour ancêtre Pedrolino, Pierro ou Piero, est au nombre des multiples valets qui peuplent la commedia dell'arte, apparu aux environs de 1547. Il est affublé d'un chapeau conique et d'un costume blancs, avec blouse ample et longue écharpe. Contrairement à certains de ses confrères de planches, il ne porte pas de masque : sa pâleur légendaire lui vient d'un visage enfariné jusqu'au bout des oreilles. La scie de Pierrot connaît un fort engouement dans les années 1820, reprise dans les opéras-comiques. Avant de devenir une petite rêverie étourdie et lunaire, ce n'était en fait qu'une polissonnerie empreinte d'un certain érotisme en filigrane. "Battre le briquet" est une expression qui signifiait faire l'amour. Ainsi, la brune qui ouvre bien gracieusement sa porte à Lubin, joyeux luron présent chez Molière, semble une belle promesse de ce dieu d'amour...
D'après la Compagnie du Pestacle de Manosque, |
La puce
Paroles Charles-Alexis Piron (1689-1773)
Musique: André-Joseph Exaudet (1710-1752)
Arrangement
: Xavier Hubaut
La puce (Voix de Traverse):
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Au dortoir, Sur le soir, La sœur Luce, En chemise et sans mouchoir, Cherchant du blanc au noir À surprendre une puce. À tâtons, Du téton, À la cuisse L'animal ne fait qu'un saut Ensuite un peu plus haut Se glisse. Dans la petite ouverture, Croyant sa retraite sûre, De pincer, Sans danger, Il se flatte. Luce pour se soulager Y porte un doigt léger Et gratte. En ce lieu, Par ce jeu, Tout s'humecte À force de chatouiller Venant à se mouiller Elle noya l'insecte. Mais enfin, Ce lutin, Qui rend l'âme, Veut faire un dernier effort. Luce grattant plus fort Se pâme. |
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Chanson très représentative du répertoire et de l'esprit du Caveau fondé en 1726. Charles-Alexis Piron est un chansonnier bourguignon né à Dijon. Il excellait dans les épigrammes; c'est à lui qu'est due, en parlant de l'Académie cette célèbre phrase féroce: "Ils sont quarante qui ont de l'esprit comme quatre " ! Le ton badin de cette Puce et sa versification très rigoureuse (alternance des rimes masculines et féminines) en font un petit chef d'&œlig;uvre littéraire et contribuent à "faire passer" de manière toute naturelle l'audace d'un propos fort révélateur, par ailleurs, de l'esprit libertin qui régnait sous la Régence. Quant au Menuet d'Exaudet (violoniste et compositeur), on estime qu'il servit de timbre à plus de 200 chansons de tous styles. D'après L'Anthologie de la Chanson Française de Marc Robine. |
Le doigt gelé
Paroles: Octave Pradels
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. Cet hiver, par un froid intense, Rentrant chez lui tout accablé, À sa femme, il dit: "Mon Hortense, Je crois que j'ai le doigt gelé. Tiens, regarde, il est insensible; Va, plus d'espoir, il est bien mort!"
3. L'eau n'y fit rien. La pauvre femme Se lamentait dans sa douleur. "Si tu le réchauffais à la flamme? Ce qu'il lui faut, c'est la chaleur! Approche donc. Quoi, tu recules? Poltron ! Que l'angoisse me tord!
5. Oh, la femme, l'être adorable Pétrie de grâce et de bonté! Chacune en sa foi secourable Est un masseur de charité. Elle massa, mais avec rage, Car stérile fut son effort,
7. On n'entendit plus, dans la chambre, Rien, sinon des mots encourageants Que la victime de décembre Bégayait sur des tons changeants. Et tout à coup l'épouse émue S'écria: "Mon ami Victor,
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2. Mais le doigt, misérable tige, N'était plus, piteux, racorni, Qu'un souffle, un rien, moins qu'un vestige, Et, Nini, c'était bien fini L'épouse s'écria plaintive: "Si tu le frictionnais fort?
4. Toujours rien. En vain ils varient L'eau, le feu, le chaud, le froid. Il essaya le bain-marie ; Rien ne ranimait plus le doigt. "Ah!", fit l'épouse toute blême, "Il me resterait un remords
6. Lasse de la besogne aride Elle lâchait le doigt transi, Qui s'obstinait, morne et rigide, Quand soudain son front s'éclaircit. "Sommes-nous nigauds tout de même! La flamme n'y peut rien, d'accord,
8. Maris, méditez cette histoire: Le doigt peut vous geler demain. Vous avez, la chose est notoire, Le remède exquis sous la main. Le feu, cet élément du diable, Peut vous rendre un peu votre essor.
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Octave Pradels, poète et romancier, est né à Arques en 1842 et mort à Paris en 1930. Il écrit des chansons, des monologues et des opérettes. Il fréquente le célèbre cabaret du Chat Noir. Il dirige le théâtre des Capucines, situé à Paris sur les grands boulevards (ce théâtre a fermé ses portes en 1970). Le doigt gelé est une des meilleures parodies du Pendu (de Saint-Germain) de MacNab. Cet air, qui était fort à la mode dans les cabarets parisiens est également repris dans La Semaine |
Le Roi de Provence
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1. C'était un roi De Provence je crois Mais des pédales, hélas, était la reine Et sans arrêt Avec un beau toupet Il entrait dans le vif de ses sujets 3. On l'accusa De diriger l'état Avec quelques beaux mignons peu farouches Un jardinier Ministre fut nommé Sans avoir le temps de se retourner |
2. Au grand salon Douze pages blonds Formaient sa cour tout en demeurant bien sages Mais le seigneur Etait grand lecteur Il aimait bien tourner les pages 4. On dit encore Qu'au camp du Drap d'Or Il s'en alla tout joyeux planter ses tentes Mais cependant On peut dire vraiment Que son histoire soit sans fondement |
| L'entrevue du Camp du Drap d'Or entre François 1er et Henri VIII eut lieu du 7 au 24 juin 1520; le roi d'Angleterre resta neutre face à Charles Quint. |
Malbrough s'en va-t-en guerre
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. Malbrough s'en va-t-en guerre Mironton mironton mirontaine Malbrough s'en va-t-en guerre Ne sait quand baisera Sa femme qui reste là Avec son pauvre chat 4. Comme elle était fidèle Mironton mironton mirontaine Comme elle était fidèle Elle repoussa du pied Valets et officiers Qui voulaient la baiser 7. Pris par les infidèles Mironton mironton mirontaine Pris par les infidèles Malbrough venait d'être châtré Lors sa femme atterrée Se mit à sangloter. |
2. Je te baiserai à Pâques Mironton mironton mirontaine Je te baiserai à Pâques Ou à la Trinité Dit-il d'un air navré Avant de la quitter 5. Pendant dix-huit semaines Mironton mironton mirontaine Pendant dix-huit semaines Madame Malbrough la sotte Se caressa la motte Avec une carotte 8. Qu'a-t-on fait de la chose Mironton mironton mirontaine Qu'a-t-on fait de la chose Qui servait à baiser Et qu'on vient de lui couper Le page dit: écoutez, |
3. Puis il partit combattre Mironton mironton mirontaine Puis il partit combattre Laissant dans son château La belle toute en sanglots D'avoir le cul si chaud 6. Mais un jour un beau page Mironton mironton mirontaine Mais un jour un beau page Arriva de l'armée Afin de l'informer D'une triste vérité 9. Je l'ai vue porter en terre Mironton mironton mirontaine Je l'ai vue porter en terre Par quatre-z-officiers Qui l'avaient déposée Dans un grand drap doré. |
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10. A ces mots la châtelaine Mironton mironton mirontaine A ces mots la châtelaine Se mit à jubiler Et vive la liberté Plus de raison de me gêner Puis elle appela l'armée. |
11. Et par trente officiers Quarante-deux canonniers Cent trente-cinq chevaliers Deux cents trente cuirassiers Trois cents six grenadiers Six cents vingt non-gradés Elle se fit enfiler. |
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Sur la pochette du disque de Colette Renard, on lit que D'après certains historiens, cette chanson fut, à son origine, une satire un peu grivoise composée sur un chevalier bien pourvu par la nature et que l'on avait surnommé pour cette raison Membru. Par la suite Membru devint Malbrough. Si non è vero, è ben trovato ! A propos de l'air, Marlbrough s'en va-t-en guerre (Mort et convoi de l'invincible Malbrough) est une chanson française dont les paroles datent du XVIIIe siècle. L'air est probablement plus ancien encore. Il aurait, d'après Chateaubriand, été emprunté aux Arabes durant les croisades. La mélodie a été adaptée par les Britanniques avec le refrain suivant : "For he's a jolly good fellow...". Ce chant aurait été le premier chant européen transmis aux aborigènes d'Australie d'après le folkloriste australien John Meredith. Son protagoniste est John Churchill, le premier Duc de Marlborough. Il a d'ailleurs laissé son nom au Château de Malbrouck / Schloss Meinsberg, en Lorraine. Contrairement à ce que laissent supposer les paroles de la chanson, chantée par les Français pour railler un ennemi, Churchill ne fut que blessé lors de la bataille de Malplaquet (11 septembre 1709) à laquelle il est ici fait référence. Mais l'aspect burlesque, annoncé par le "Mironton, mironton, mirontaine" du refrain, ne se révèle précisément que dans les derniers couplets où il est question d'un convoi funèbre. Connu à partir de 1781, ce chant était une comptine destinée au premier dauphin de Louis XVI par sa nourrice Geneviève Poitrine. Sa reprise par Marie-Antoinette au clavecin la popularisa. D'après Bernard Cousin, Les illustrations des chansons d'enfants et |
Les trente brigands
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. Ils étaient vingt ou trente Brigands dans une bande Chacun sous le préau Voulait m' toucher -- vous m'entendez ? Chacun sous le préau Voulait m' toucher un mot 3. Comme j'étais dans ma chambre Un matin de septembre Un autre vint tout à coup Pour me sauter -- vous m'entendez ? Un autre vint tout à coup Pour me sauter au cou 5. Le vent soulevait ma robe Quand l'un d'eux d'un air noble S'approcha mine de rien Et caressa -- vous m'entendez ? S'approcha mine de rien Et caressa mon chien 7. Comme j'étais à coudre Ils rappliquèrent en foule Et voulaient les fripons Tous m'enfiler -- vous m'entendez ? Et voulaient les fripons M'enfiler mon coton. |
2. Un beau jour sur la lande L'un d'eux se fit très tendre Et d'un petit air guilleret Vint me trousser -- vous m'entendez ? Et d'un petit air guilleret Vint me trousser un couplet 4. Un soir dans une fête Un autre perdit la tête Et jusqu'au lendemain Voulut m' baiser -- vous m'entendez ? Et jusqu'au lendemain Voulut m' baiser les mains 6. Comme je filais la laine Un autre avec sans-gêne Sans quitter son chapeau Vint me p'loter -- non mais, vous m'entendez? Sans quitter son chapeau Vint me p'loter mon écheveau 8. Celui qui sût me prendre C'est un garçon de Flandre Un soir entre deux draps Ce qu'il me fit -- vous m'entendez Un soir entre deux draps... Je n' vous le dirai pas. |
Il s'agit évidemment d'une parodie de la célèbre "Complainte de Mandrain", reprise par de très nombreux artistes depuis Yves Montand et Guy Béart jusqu'au duo Faudel-Bernard Lavilliers, François Hadji-Lazaro ou encore La Varda. Citons également une des plus remarquables interprétations, celle due au Quartet de Lyon: .
Louis Mandrin, né en 1724 à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs dans le Dauphiné, est un bandit de grand chemin. Après avoir servi dans l'armée, il déserte, et organise la contrebande du tabac aux frontières de la Savoie, en compagnie d'une petite troupe de déserteurs (payée régulièrement)! Comme il ne s'attaquait qu'aux fermiers généraux (les percepteurs de l'époque), il acquiert une grande popularité et le soutien d'une large partie de la population révoltée par les abus commis au nom du roi. Il réussit à vaincre à plusieurs reprises les troupes royales chargées de l'arrêter Finalement, arrêté, Il est roué vif et étranglé à Valence et meurt le 16 mai 1755. Pourtant, la complainte d'origine ne s'applique guère à lui: en effet Mandrin, que l'on sache, n'a jamais volé de curé et il n'a pas été pendu à Grenoble comme le dit la chanson... Quant au timbre de celle-ci, il est tiré d'un opéra de Rameau, Hippolyte et Aricie daté de 1733. D'après Le Livre des Chansons de France de Roland Sabatier |
Les deux sœurs
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1. Zoé, de votre sœur cadette Que voulez-vous ? Entre deux draps Que sans chemise je me mette ? Fi, ma sœur, vous n'y pensez pas ! Mais à vos fins vous voilà parvenue Et vous baisez ma gorge nue Vous me tiraillez Vous me chatouillez M'émoustillez |
2. Pour vous en prendre à notre sexe Avez-vous mis l'autre aux abois ? C'est peu que votre main me vexe Vous usez pour vous de mes doigts La tête aux pieds la voilà qui se couche Ciel où mettez-vous votre bouche Ah ! Pour une sœur Quelle noirceur ! Quelle douceur ! |
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Mais au fond ce n'est rien Je me sens bien Au fond ce n'est rien 3. Rougirions-nous, je le demande, Si nos amants pouvaient nous voir ? Pourtant il faut que je vous rende Le plaisir que je viens d'avoir. Je m'enhardis car jamais que je sache Je n'ai baisé d'homme à moustache. Ah ! nous jouissons Et des garçons Nous nous passons. |
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Cette chanson, dont le titre original est Les deux sœurs ou le cas de conscience est due à Pierre-Jean Béranger. Elle comporte une quatrième couplet qui a disparu dans la version chantée par Colette Renard. Manque de place ou peur de dénoncer l'hypocrisie du clergé ? Le voici dans son intégralité |
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4. Ne croyez pas que je contracte Ce goût déjà trop répandu : C'est bon pour amuser l'entr'acte Quand le grand acteur est rendu. Ce que je crains, ô sœur trop immodeste, C'est d'avoir commis un inceste ! Peut-être est-ce un cas Dont nos prélats Ne parlent pas Car au fond ce n'est rien, Je le sens bien ; Car au fond ce n'est rien. Aquarelle de Rojan in |
La mère Michel
Arrangement
: Xavier Hubaut
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1. C'est la mère Michel Qui a montré son chat En criant par la fenêtre Qui donc me le prendra Et c'est le père Lustucru Qui lui a répondu J'arrive la mère Michel J'aime les chats poilus Sur l'air du tru lu lu lu Sur l'air du tru lu lu lu Sur l'air du tru déri déru Tru lu lu |
2. Alors la mère Michel Lui a donné son chat En disant ce minet A mangé beaucoup de rats Mais la chaude luronne S'écria tout à coup: Sortez, père Lustucru, Mon chat n'aime pas le mou Sur l'air du trou lou lou lou Sur l'air du trou lou lou lou Sur l'air du trou déri dérou Trou lou lou |
3. Le père Lustucru Se retira furieux En disant j'ai un rat Pour les chats coléreux La mère Michel lui dit Avec ton rat pla-pla Il n'y a vraiment pas De quoi fouetter mon chat Sur l'air du tra la la la Sur l'air du tra la la la Sur l'air du tra déri déra Tra la la |
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A la base,cette chanson est déjà coquine, car "perdre son chat"... ; dans cette version Guy Breton a rendu les choses plus explicites. La chanson est déjà à la mode en 1820 (avec d'autres paroles, bien entendu).
L'air est plus ancien et serait celui d'une chanson de marche en l'honneur de Catinat, l'un des meilleurs capitaines de Louis XIV, datée de 1693 ; la chanson, popularisée par le théâtre de marionnettes vers 1820, a été assortie d'un refrain : "Sur l'air du tralala (bis) Sur l'air du tradéridéra Et tralala "... L'air est noté au N.22 de la Clé du Caveau. D'après Le Livre des Chansons de France de Roland Sabatier |
Les mœurs
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1. Mes chers amis respectons la décence Ce mot tout seul vaut presque une chanson Sans équivoque et surtout sans licence Je vais parler de l'amant de Lison Le drôle un jour d'un ton fait pour séduire Lui débitait de lubriques horreurs Ce qu'il disait, je pourrais vous le dire Mais je me tais par respect pour les mœurs. 3. Au bord du lit sur le nez il la pousse Et bravement l'attaque par le dos Lise indignée en sentant qu'il la trousse Sans doute alors se livrait aux sanglots Dans ce cœur tendre aussitôt ce satyre Enfonce, enfonce un long sujet de pleurs Ce que c'était, je pourrais vous le dire Mais je me tais par respect pour les mœurs. |
2. Sachez que Lise est une fille honnête Qui se choqua d'un pareil impromptu Mais au vaurien ne vint-il pas en tête De pénétrer le fond de sa vertu Sein ferme et blanc ne saurait lui suffire Déjà deux doigts sont en besogne ailleurs Ce qu'ils y font, je pourrais vous le dire Mais je me tais par respect pour les mœurs. 4. Longtemps encore Lison dans sa posture A tour de reins se débat vivement On me dira que c'était par luxure C'est par vertu, moi j'en fais le serment Or, pour six mois sa vertu sut réduire L'insolent même à pleurer ses erreurs Ce qu'il gagna je pourrais vous le dire Mais je me tais par respect pour les mœurs. |
| Il s'agit d'un poème de Pierre-Jean de Béranger que l'on retrouve dans L'oeuvre libertine des poètes du XIXe siècle. |
La demoiselle
Colette Renard:
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1. Que c'est bon d'être demoiselle Car le soir dans mon petit lit Quand l'étoile Vénus étincelle Quand doucement tombe la nuit 4. Je me fais farcir la mottelette Je me fais couvrir le rigondonne Je me fais gonfler la mouflette Je me fais donner le picotin 7. Je me fais gauler la mignardise Je me fais rafraîchir le tison Je me fais grossir la cerise Je me fais nourrir le hérisson |
2. Je me fais sucer la friandise Je me fais caresser le gardon Je me fais empeser la chemise Je me fais picorer le bonbon 5. Je me fais laminer l'écrevisse Je me fais foyer le cœur fendu Je me fais tailler la pelisse Je me fais planter le mont velu 8. Je me fais chevaucher la chosette Je me fais chatouiller le bijou Je me fais bricoler la cliquette Je me fais gâter le matou |
3. Je me fais frotter la péninsule Je me fais béliner le joyau Je me fais remplir le vestibule Je me fais ramoner l'abricot 6. Je me fais briquer le casse-noisettes Je me fais mamourer le bibelot Je me fais sabrer la sucette Je me fais reluire le berlingot 9. Et vous me demanderez peut-être Ce que je fais le jour durant Oh! cela tient en peu de lettres Le jour, je baise, tout simplement. |
Après cette La demoiselle qui manie avec grâce tant de synonymes qui ont certainement enrichi votre vocabulaire, un aimable correspondant nous a présenté une version "soft", dont nous ignorons l'auteur, que nous reproduisons ci-après.
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